Clopineries

J'en suis encore à m'demander après tant et tant d'années à quoi ça sert de vivre et tout à quoi ça sert en bref d'êt'né F. Béranger

23 mars 2007

en connivence

Avant de tenter d’en faire un atout, mon manque de participation à l’univers des filles m’a fait souffrir. Dès l’école, mes centres d’intérêt n’étaient pas tout à fait ceux des autres gamines. Oh, bien sûr, j’adorais ma Barbie et fréquentais avec plaisir le cours de danse, surtout à cause du rose des chaussons et du tulle du tutu (chapeau pointu).

Mais j’étais absolument nulle en tout ce qui ressemblait, de près ou de loin, à un sport collectif ou une activité partagée. Conséquence : la cour de récré était l’endroit, pour moi, de toutes les humiliations. Je n’ai trouvé la parade qu’en CM1 : je me suis mise à raconter, sous le préau, des histoires, sortes de contes de fées mâtinés de Fantômette. J’ai eu un petit public, qui me permettait d’exister, jusqu’à ce qu’une institutrice bien intentionnée n’intervienne : « enfin, la récréation, c’est fait pour remuer, pas pour rester immobiles à écouter des histoires ! Allez, les filles, bougez de là, et toi aussi, Clopine ! »

Le phénomène s’est amplifié par la suite, et je n’ai pas résolu mon problème d’identité féminine. Je n’y arrive tout simplement pas. Les revues consacrées au genre, par exemple, me tombent des mains, de « Elle », dont je n’ai jamais compris le côté féministe puisque je n’y vois qu’une soumission absolue aux diktats de la mode, à Voici, ou Gala, qui font référence à des actrices ou top models américains, dont j’ignore jusqu’aux noms. Ayant dû, à une époque, fréquenter assidûment les salles d’attente des dentistes, j’ai feuilleté ainsi ces revues, consternée et me demandant ce que les autres filles pouvaient bien y trouver. Le seul truc rigolo, dans le genre grotesque, c’était les tests pour « mieux se connaître » ; je n’aurai aucune difficulté à participer à leur rédaction, tant c’est débile :

Cette semaine, notre grand test : quelle amoureuse êtes-vous ?

« IL » vous emmène au restaurant :

a)      – vous vous préparez en passant trois heures dans la salle de bains et vous lui sortez le « grand jeu » : robe du soir échancrée et escarpins

b)      – vous restez telle que vous êtes, c’est votre naturel qui lui plaît

c)      – vous ne mangez rien depuis la veille, il aime que vous ayez bon appétit, quitte à jeûner le lendemain

Résultats :

Vous avez choisi a : charnelle, sensuelle, vous êtes une amoureuse ardente qui ne se satisfait pas du quotidien. Attention cependant : votre exigence, votre attente de performances, notamment sexuelles, pourraient rapidement épuiser votre partenaire

Vous avez choisi b : rassurante, un brin maternelle, vous êtes une amoureuse pour qui la relation à l’autre passe par la construction de projets communs. Mais n oubliez pas de surprendre votre partenaire, surtout au lit. Evitez les chemises de nuit en pilou et montrez-vous curieuse : il va adorer ça !

Vous avez choisi c : soumise, un brin timide, vous essayez de lui plaire en tout. Est-ce vraiment le bon chemin pour qu’il s’attache à vous ? Ne vous épuisez pas, affirmez-vous, n’hésitez pas à le bousculer un peu : vous n’en aurez que plus de prix à ses yeux. Pourquoi ne pas lui réclamer des bijoux ou des fleurs ? Vous le valez bien, n’est-ce pas ?

C’est proprement atterrant, mais en même temps je me sens vaguement coupable de ne pas être comme les autres. Aussi, quel soulagement quand je me retrouve en connivence : et ce sont les journaux comme Charlie Hebdo, et bien entendu Télérama, qui me procurent cette douce satisfaction.

Les éditoriaux de Philippe Val, surtout. J’y retrouve souvent le reflet de mes propres idées, mais exprimées clairement, solidement, et argumentées comme  je ne saurais le faire, par manque de connaissances. Cette semaine, il parle de Badinter, et j’adhère à chacun de ses mots ! Le seul point de désaccord dont je me souvienne a été son adhésion au projet de constitution européenne. Mais même là, je dois dire que ses arguments m’ébranlaient quelque peu. J’aimerais bien avoir l’occasion de le rencontrer, même si je ne suis pas à son niveau. C’est ça, mon rêve bleu à  moi…

Et puis Télérama. Cette semaine, l’article sur la lecture ( sur le thème aussi récurrent qu’Harpic wc : est-elle en voie de perdition ?) est illustré de photos tirées du livre « les femmes qui lisent sont dangereuses ». Et, hasard ? sur la première page, Télérama a opéré exactement le même choix que votre humble servante, ici même, sur ce blog, il y a six mois… Comment voulez-vous que je ne m’approprie pas le journal, comme signe d’une identité possible ?

Il existait quand même un journal féminin que j’arrivais à lire : celui que ma mère achetait. Ca s’appelait « le petit écho de

la Mode

»,  et il y avait un patron gratuit dans chaque numéro, dont j’ai parfois profité. Mais dorénavant, les vêtements ne se confectionnent plus à la maison Et de tout façon, je n’ai jamais su coudre, ni tricoter, ni crocheter, et suis incapable de couper un tissu droit.

Bon, il faut que je me résigne, je ne serai jamais totalement une fille…

Clopine Trouillefou

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07 mars 2007

à Julie, et à d'éventuels autres lecteurs...

Bon, d’accord, j’ai une sorte d’histoire personnelle avec  Télérama, qui ne date pas d’hier, en plus, et j’ai  des liens,  de drôles de liens fuligineux et troubles avec ce canard, donc je ne suis pas objective. Pourtant,  je  suis  loin d'être une inconditionnelle incapable de critique, et gobant, semaine après semaine, la bouche ouverte, les infos et conseils prodigués par l'hebdo.

CEPENDANT

Je dois avouer que je suis agacée d’entendre toujours les mêmes sempiternelles antiennes à son sujet.

Le premier et le plus courant des reproches s’adresse non au journal proprement dit, mais à son lectorat supposé, le plus souvent caricaturé sous les traits de Vincent Delerm. Une bourgeoisie, voire une petite bourgeoisie, à penchants culturels, qui aurait, d’après ces détracteurs, comme caractéristiques la mollesse alliée au snobisme (si j’ai bien compris). Des « bobos » soixante-huitards vieillissants, mollement de gauche, aux vagues convictions humanistes voire humanitaires mais aux privilèges (notamment salariaux) certains.

Ce genre de caricature a le don de me hérisser, d’abord parce que, souvent, ceux qui l’expriment ne sont pas si éloignés que cela de ce qu’ils décrivent, et puis parce que cela méconnaît complètement le caractère généraliste du journal et sa très large audience, qui le place plus, d’après moi, du côté populaire  (même s’il s’agit plus d’un populaire cultivé qu’inculte) que du côté bobo parisien. En plus, bibi, je ne suis pas parisienne, et j’ai bien l’impression qu’on est un certain nombre de lecteurs dans mon cas. Et enfin, en admettant que le lecteur supposé de Télérama soit un petit bourgeois frotté d’une vague culture, en quoi cela est-il plus méprisable qu’être le lecteur supposé de télé Z avachi devant m6, non mais franchement ?

L’autre critique la plus répandue, consiste à dénigrer les choix esthétiques et culturels des rédacteurs du journal. La « vraie » culture ne serait pas là, et Télérama flatterait donc un soi-disant « snobisme intellectuel » de ses lecteurs, leur faisant croire qu’ils sont des aigles, tout en les traitant en buses, c’est-à-dire en leur faisant prendre des vessies pour des lanternes.

Là encore, cela a le don de m’agacer, parce que cela n’est en rien conforme à la réalité du journal, qui se caractérise au contraire par un éclectisme étonnant et par un grand sérieux dans le traitement des inforamtions émanant de la scène intellectuelle ou artistique. D’ailleurs, il y a une sorte de cohérence dans les informations données, entre la radio « France culture », la télé « arte » et « télérama ». Sauf que le souci de Télérama d’être accessible au plus grand nombre l’amène à traiter d’un nombre de sujets beaucoup plus vaste que les deux autres médias que je viens de citer. Ainsi, si sur Télérama on peut lire les progammes de radio, notamment ceux de France culture, et les programmes de télé, dont ceux d’Arte, ni France Cul ni Arte ne s’attardent trop sur les sujets sociétaux ou les grands dossiers de télérama. Mais bon. J’insiste d’ailleurs sur le fait que SEUL TELERAMA DONNE LES PROGRAMMES DE RADIO, eh oui, nulle part ailleurs…

En fait, le vrai débat que devrait susciter ce journal, serait d’exposer les différentes manières de jouer ce rôle d’information et d’accès à la culture, d’après les détracteurs de Télérama. Attaquer son public ou déformer son propos, ce n’est pas intéressant, d’après moi. Mais proposer une autre manière, pourquoi pas, si cette nouvelle manière respecte, comme l’actuel hebdomadaire, l’éclectisme des sujets abordés, le sérieux des informations, le courage des choix esthétiques et l’image du lecteur.

merdalors, moi qui n’arrête pas de râler contre tel ou tel article lu dans le journal, voilà que je vibre pour sa défense !

Clopine, qui s’étonnera toujours d’elle-même, décidément, et qui n’a ni les ressources financières d’un bobo, ni appartement parisien, ni bagage culturel issu des héritages bourgeois, ni conscience politique molle du genou (enfin, je ne crois pas )

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tirer la couverture à soi

couverture

Le mercredi, c'est le jour de sortie de mon hebdomadaire culturel préféré : Télérama. J'ai commencé à l'attendre, ce jour de sortie, il y a quelques années déjà, à cause de deux rubriques : le courrier des lecteurs, et "mon oeil", d'Alain Rémond.

Certes, ma convoitise aurait pu s'émousser : après avoir eu le plaisir de voir six ou sept de mes courriers ou textes divers parus dans "ça va mieux en le disant", je n'écris plus pour cette rubrique. Et Alain Rémond officie maintenant dans "Marianne".

Pourtant, l'habitude est prise. Le mercredi, je me frotte intérieurement les mains, à cause du plaisir que j'éprouve à aller chez le marchand de journaux, et, en l'apercevant, à tirer la couverture (du télérama du jour) à moi.

Même si le journal change, oh, pas de manière brusque, hein, mais change quand même. Les couvertures, par exemple : je me souviens d'un dessin qui représentait Woody Allen, sur un fond jaune, extraordinaire. A Noël, il y avait des icône brillantissimes... Je trouve les couvertures de maintenant plus conceptuelles, moins graphiques, quoi.

Mais c'est peut-être mon regard qui change, et pas le journal ?

Clopine, téléramiste notoire.

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31 mai 2006

Séries

J’ai regardé « Deseperate Housewives » hier au soir.

J’étais alléchée par les « T » décernés par Télérama, et mue par l’envie de partager la connivence. Cela m’est déjà arrivé d’apprécier des séries, et j’avais trouvé plutôt plaisant, au bureau, de déplorer avec une collègue sympa les mésaventures du Docteur Carter avec le Docteur Benton, pendant que les non-initiés nous regardaient avec l’air perplexe de Champollion contemplant la pierre de Rosette...

Par contre, dans mon entourage, je suis restée la seule à pisser de rire devant « Ab Fab », comme quoi tous les chats ne mettent pas la tête dans le même pot de crème.

Donc, j’étais alléchée. Et en suis sortie déçue. Pourtant je reconnais que tous les ingrédients sont là : ce qu’il faut de méchanceté et de lucidité, d’ironie et de rosserie. Mais je trouve que tout est trop superficiel, et qu’à force de lisser, de manière caricaturale, les cheveux des comédiennes, le trait est trop forcé ; Et puis  les actrices sont trop jolies pour leurs rôles. L’auteur n’arrive pas à les enlaidir au niveau de son propos.

Bref, j’ai bâillé au lieu de sourire.

Heureusement, il nous reste Kaamelot. Là, aucune ambiguïté : adhésion totale. La forme (piquée de « caméra café », mais en mieux) convient parfaitement au projet,  et l’identification marche à fond, dans mon cas au moins : Je trouve que la reine Guenièvre a tort de ne pas être jalouse des maîtresses du roi, et à sa place, cela fait belle lurette que je serais tombée dans les bras et le lit de Lancelot (je suis à deux doigts d’être amoureuse de l’acteur qui joue le rôle, c’est vous dire !).  Les anachronismes m’enchantent autant que Merlin, et je trouve que les saynètes , (est-ce voulu ?) , relèvent des « fabliaux » d’autrefois. Détourner une chanson de geste, un légende médiévale et aristocratique, en farce, voilà qui est plutôt réjouissant, non ?

Ah et puis j’ai une question, à laquelle Google pourrait sans doute aisément répondre, mais peut-être l’un de mes visiteurs aussi ?

L’actrice qui joue la chambrière de

la Reine

et qui cherche à se faire épouser par Perceval, n’est-ce pas, grandie, l’adorable petite du « Grand Chemin » ? A chaque fois que je vois sa lippe un peu boudeuse, et ses yeux arrondis, j’y repense…

Je voudrais que Télérama mette un peu moins de « T » au trop américain DH, et un peu plus au lyonnais, franchouillard et splendide Kaamelot !

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21 mai 2006

archives

Mon ami vient de m’apporter, pour archivage, tout un tas de feuillets, et je tombe sur ceux que j’avais écrits pour le seul et unique film que j’ai jamais conçu, qui doit durer environ trois minutes trente chrono et que vous  ne pourrez même pas voir, notre technique étant notoirement insuffisante pour inclure une vidéo sur ce site.

Il est cependant passé, à l’époque, un mois environ sur le site ouèbe de Télérama….et  complètement inaperçu !

A défaut de vous le montrer à vous,, visiteurs toujours plus nombreux de ce blog,  je vous copie et colle la note d’intention et le synopsis. Consciencieuse, j’avais en effet, à l’époque, soit il y a un an environ, fait ça « comme une pro ! », enfin, comme ce que je subodore que les « pros » doivent faire !!!

Voici donc la « note d’intention » et le « synopsis » du seul film de Clopine Trouillefou, « Chat Baker ».

Chance, non ? :>))))

NOTE D’INTENTION

Le projet est quelque chose de très léger, une « impression » comme dirait Manet, une « haiku ». Il est né un jour de solitude et de pluie brayonne, où seuls Chet Baker et mon chat Didon Didon venaient rompre le silence.

Outre la musique de Chet, ce tout petit film devra donc capter – et restituer – une atmosphère à la fois intime et douillette, mais aussi un peu –beaucoup ? – triste. L’effort de Chet jouant de la trompette est le même que l’effort de vivre dans une grande solitude, le tout tempéré, « mezzo voce », « moderato cantabile ». Une certaine banalité dans tout cela ne serait pas de trop.

La sensualité apportée par la fourrure et les mimiques du Chat ne doit pas faire oublier le côté un peu dérisoire du réconfort apporté par la musique de Chet. Et comment ne serait-il pas dérisoire, connaissant le naufrage de la vie du musicien ?

Le spectateur doit ainsi s’identifier doublement, voire triplement : dans le chat, tout de jouissance égoiste, dans la musique, éthérée, et dans la conjonction des deux. Le spectateur doit d’abord croire que le chat écoute la musique, puis que le chat EST Chet Baker, enfin que le chat, c’est lui !!

SYNOPSIS :

Un  après-midi dans une cuisine brayonne. Un chat s’installe SUR un radio-cassette, un morceau de musique de Chet Baker démarre. Les mouvements du chat correspondent à la musique (queue qui bat la mesure, etc.). Le chat descend en s’étirant du radio cassette, s’allonge et joue avec un jouet-trompette. La caméra s’élève ensuite vers la fenêtre jusqu’au ciel, puis, se retournant, plonge vers la tête du chat derrière la fenêtre et finit sur l’amas de livres et de journaux qui parsème la table. Pendant que la musique finit, la nuit vient.

 

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14 mai 2006

Gould for you

Combien de « T », dans Télérama ? Un, deux, trois ???

La journée d’hier, bousculée, tirée à heu et à dia entre plusieurs contraintes contradictoires, ne me laissait guère espérer être devant mon poste, à 22 h 05 pétantes. Pourtant, j’y étais, étonnée certes d’être là, avec un petit arrière-plan de remords (j’aurais d^u être ailleurs, certainement) mais bien décidée à en profiter !

Faisant partie de la grande tribu des « gouldeusiennes », j’avais tout pour être une téléspectatrice comblée. Une signature, Monsaingeon, évoquant un travail ému et rigoureux (je me souviens d’un Pablo Casals plus que pertinent).   Des archives inconnues, des citations provocatrices tirées du Journal de Glenn Gould (ah ! Les poils blancs de sa chienne sur son premier pantalon de concert !), et quelques rediffusions de Bach où le génie des deux hommes, l’auteur et l’interprète, vous empoigne comme un vent d’octobre, violent et suave à la fois…

Tout pour être heureuse…

Et pourtant, non. Le reportage m’a déçue. Pas Glenn, non, ni les quelques témoignages de ses pairs. Même pas, à y réfléchir, les interviews des quelques « fans » éperdues,  robustes sexagénaires ou japonaises encore émues, toute prêtes à mourir pour lui (comme moi !)

C’est plutôt l’absence de clé, de regard critique sur l’homme et l’œuvre qui m’ont troublée. Oui, certes, Glenn était un génie. L’écouter, c’est prendre le risque de la rencontre véritable, celle qui peut faire tourner une vie comme le vent d’ouest la girouette au-dessus de la cheminée…

Mais rien qui nous dise pourquoi, exactement.

Je n’aime pas les hagiographies, et du coup, malgré l’intérêt des documents présentés, le mien allait s’affaiblissant.

Je crois qu’en fait, j’attendais une analyse du travail de Glenn Gould, et que ce n’était pas le sujet de l’émission.

Je ne suis qu’une béotienne, qu’une auditrice lambda, sans aucune compétence. C’est pour cela que j’aurais bien aimé entendre de plus savants que moi s’exprimer.

Si j’aime Glenn Gould, c’est à cause de son impertinence. Un Jean-Sébastien Bach est un tel monument qu’à part retirer sa casquette, et se poster dans l’attitude mentale de la génuflexion, il semble qu’il n’y ait rien à faire. L’orgueilleux Glenn Gould se fiche comme de sa première chemise d’une telle révérence Il  joue les morceaux les plus sacrés à toute vitesse, à toute berzingue, comme un homme qui a un train à prendre. Et s’attarde, comme à plaisir, sur toutes les mesures  qui d’habitude sont laissées dans l’ombre. Les articulations, les passages d’un moment mélodique à l’autre, les ponts et les gués. Il porte à la lumière la plus petite dissonance, l’expose… Et se joue en riant de la brillance habituelle.

Bref, j’ai l’impression que  ce type-là joue.

Avant de jouer « du piano »

Quand on est capable de  jouer  « avec » Jean-Sébastien Bach, quand on prend cette radicale et féconde liberté, c’est que son rapport à l’œuvre est si intime, si total, qu’on se l’est approprié. Et l’aria des variations Goldberg, interprété avec une infinie douceur par Glenn, rappelle que son art est tout, sauf du « procédé ».

Je rapprocherais donc, c’est osé mais faut oser, l’art de Gould dans Bach à l’art de Proust dans la métaphore. La maîtrise amenant à la liberté, la liberté à l’insolence, l’insolence à l’intelligence et l’intelligence à la sensibilité ultime.

C’est cela que j’aurais voulu voir discuter dans le reportage. Ai-je raison ? Ai-je tort ? L’art de Gould est-il tout autre chose que ce que j’y vois, que j’y entends ?

Au lieu de cela, entendre, en litanie, que Gould est un Dieu, et « gould for you »…

Déception, donc. Mais il existe peut-être, quelque part, des séminaires sur Gould, on l’on vous explique, l’on analyse son art. Et peut-être, un jour, quand j’aurai fait fortune… Quien sabe ?

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11 mai 2006

Petites Histoires d'une lectrice de Télérama

Je viens de lire (avec avidité, évidemment ) l'article "Avalanche de Plumes" de Télérama.

Mes chers petits trolls à moi, qui fréquentent si assidûment ce blog sans intérêt, en sautent  de joie : un seul article comme celui-là, et me voici à peu près dans le même état que le pneu avant du vélo d'Emile Masson, dans le Tour de France 1910.

Comment ne pas frémir devant ces chiffres ?

200 000 manuscrits sont pondus par an, dont "8  sur 10 sans aucune valeur".

1 français sur 4 se croit écrivain; prétention aussi ridicule que le souhait d'être publié, qui lui, relève carrément de la psychiatrie : «  nécessité névrotique" , " persistance (...) en dépit des refus successifs et  (enfermement dans) une sorte de détermination absurde ».

Mes trolls en sont si contents qu'ils en décident de réunir leur congrès annuel, et, verres à la main, boivent longuement du petit lait, à ma santé. "On te l'avait bien dit", chantonnent-ils, "pan sur ta gueule prétentieuse, narcissique Clopine, nananananère !"

Et je dois dire que l'ombre du stage de macramé découragement vient obscurcir le (pourtant) gai soleil du jour.

Comment continuer, les bras et les jambes sciées, le souffle court, alors que d'un seul coup d'un seul, on vient de vous indiquer que la route à suivre passe par le Col du Galibier ?

Les avis recueillis sont (en plus) ceux de personnes avec qui, à titres divers, j'ai déjà eu maille à partir : Dominique Gaultier du Dilettante qui s'était plainte de ne plus être "à l'abri de rien", en recevant mon manuscrit, et  m'avait  demandé "par quelle malchance  j'avais bien pu tomber sur son adresse".

Robert Macia de Flammarion, que j'avais trouvé, lors d'un salon littéraire, si  bouffi de suffisance et empli de mépris pour les lecteurs (ne parlant que de "coups" éditoriaux et se moquant des "pauvres cons achetant le dernier Goncourt") qu'en mentant sans vergogne (j'avais affirmé acheter les Goncourt pour ma mère, décédée à l'époque depuis une bonne dizaine d'années !!) je l'avais interrompu, juste pour le faire taire...

Autant vous dire qu'à la moitié de l'article, j'étais bonne pour la voiture balai.

Aucun espoir, vraiment ? Seule toute petite lueur, les "ateliers d'écriture", à 200 euros les 5 jours ? (évidemment, les stages de macramé sont définitivement plus dans mes moyens, à ce train-là).

Télérama insiste lourdement, et sur les bienfaits de ces ateliers, et sur le fait que quelques talents y ont été découverts. Je lis et j'entends bien, et mon désarroi est tel, à l'entrée du quatrième lacet, pardon je veux dire "paragraphe", que j'ai  noté les noms de "François Bon" ou "Nelly Kaplan", par exemple. Je connais le travail de ces deux-là,  alors pourquoi pas, après tout ?

Mais mon tout petit démon personnel, celui que je trimballe partout sur mon guidon, était carrément plié de rire, en voyant mes notes.

Est-ce que la problématique des démarches collectives m'est inconnue ? Non, n'est-ce pas ?

Ne connaissais-je donc pas mon incapacité fondamentale, structurelle, indestructible, à faire partie d'un groupe, quel qu'il soit ? N'avais-je  donc aucune idée de mes failles, mes déchirures, mes honteuses faiblesses et mes maladies si soigneusement cachées ?

N'ai-je pas été exclue de tous les groupes, notamment à l'école,  virée d'une colonie de vacances à 10 ans (la Directrice s'était fendue d'une lettre à ma mère, pour lui expliquer que je n'étais pas méchante, non, ni de mauvaise volonté, mais que tout simplement j'étais "incompatible dans une structure de groupe"), du club des Jeannettes à 12, de la cellule rouennaise de la fédération anarchiste à 19 (pourtant, les anars, j'aurais cru, bé non), du groupe femmes de la fac de lettres à 23, jusqu'à l'équipe de  préparation à l'accouchement sans douleur, à la Maternité,  où l'on m'a fait courtoisement, avec tact, comprendre qu'il valait mieux que je n'insiste pas et surtout que je ne revienne pas, "pour l'équilibre du groupe, n'est-ce pas..."

Jusqu'à ma psy qui  un jour de détresse où j'évoquais devant elle la possibilité de ma participation à une thérapie collective, m'a répondu doucement que " ce n'était pas ce qu'on pouvait appeler une bonne idée :  ce type de thérapie n'est pas adapé à votre cas. Ou plutôt, VOUS  n'êtes pas adaptée à ce type  de thérapie.... "

Plié, le démon, il était plié en quatre. "Vas-y, dans ton atelier d'écriture ! Ca se trouve, le premier jour, va y avoir un tour de table, tu sais, faut que chacun se présente... AAAhhh ! je veux voir ça..."

Ce n'était plus l'ombre du découragement. C'était le souffle glacé d'un sommet pyrénéen, juste avant une descente vertigineuse et sans freins !

Pourtant, dans ce f... b... de m... d'article à la c... (qui l'a signé déjà ? Si c'est Michèle Gazier je me flingue..), à force de le relire, j'ai reperé une phrase, quelques mots. S'adressent-ils à moi ?

Il est question d'un "accompagnement personnel". Pas de groupe, sans rire, vous y croyez ?  Un nom : Christian Oster, dont je ne connais rien...

Comme une toute petite fenêtre, un vasistas, un oeil-de-boeuf, même pas, un minuscule bout de lucarne, qui s'ouvrirait  devant moi :  peut-être pourrais-je  remonter en selle ? Il suffit parfois d'une bouffée d'air ?

Va savoir...

Clopine, qui, après avoir reçu les encouragements d'Ardalia (voir les "commentaires" de ce message), et des amies, (merci mes belles amies !) ajoute ceci :

Mon pneu risque bien de continuer à nécessiter une forte rustine : Je viens de faire un tour sur le site de la providentielle pompe à vélo virtuelle, nommée Christian Oster. (oh, se taire ? Austère ?). Y'a son parcours, et des photos.

Eh bien, ce type vous regarde droit dans les yeux, il "dégage" une forte humanité et il a un physique pas dégueulasse, dirons-nous. Bon, disons qu'il est beau comme un dieu.

Raisonnons, voulez-vous ?

Télérama a paru hier. Or,

d'un, j'ai comme la conviction que parmi les français sur quatre qui croient être des écrivains, y'a tout plein de lecteurs de Télérama. Je dirais même que la proportion de plumitifs en herbe doit monter à un lecteur de Télérama sur deux, voire 1,5.

de deux, tous ces braves gens vont s'être précipités comme un seul homme sur l'article en question.

de trois, certains d'entre eux, allez, soyons large, disons 60 % des lecteurs de l'article, vont avoir retenu la leçon : atelier d'écriture avant toute chose.

sur ces 60%, ça se trouve, 30 % ont déjà pratiqué l'atelier collectif. Vont donc avoir envie d'autre chose :   vont re-donc  avoir noté en priorité le nom de Christian Oster...

Sur ces 30 %, combien de jeunes, jolies et talentueuses écrivaines, sans problèmes de fin de mois, d'emploi, de lessives à faire et de famille sur les bras, vont solliciter son appui désintéressé, article de télérama dans une main,  (gros)  chèque dans l'autre  ? Mmmhh ?

Imaginez-vous tout le courrier que Monsieur Oster va recevoir les jours prochains ? Comment va-t-il faire sa sélection parmi les candidats à, je cite "un accompagnement personnel", à qui va-t-il donner de l'attention, de l'encouragement, de la critique, bref, tout ce qui demande non seulement de l'altruisme, mais de l'honnêteté et du courage ?

D'après vous ?

Faut que je me fasse une raison, j'appellerai Monsieur Oster quand il sera moins surbooké, vers 2015 environ...

:> ))

Clopine, qui néanmoins vous remercie de votre sollicitude !

Posté par ClopineT à 13:58 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 avril 2006

Beckett, télérama et moi

J’ai posé le nouveau numéro de Télérama à côté de celui de la semaine dernière, sur la table basse, en face de la télé. Du coup, les deux portraits d’homme, les deux visages, en pleine page de couverture, me regardaient en même temps.

Quel contraste !

Les yeux inexpressifs, froids, de Berlusconi, ce visage banal d’ homme « bien conservé », comme on dit, au menton vigoureux certes, mais aux traits un peu abattus pourtant, comme ceux du futur perdant qu’il est devenu depuis, et puis ce dessin à gauche, cette main manipulatrice qui renvoie à Guignol.

Et, juste à côté, le visage de Beckett ! Je sais pas vous, mais moi, je suis emportée, poignée, par l’intelligence de ce regard embusqué, affûté, que je ne peux comparer qu’à une flèche empennée, par la beauté de ce visage sous le réseau de rides profondes . Je n’échangerais pas une seule de ces rides contre tous les visages lisses des élèves de

la Star

Ac

’ !

Je dois reconnaître que j’ai moins lu Beckett que Proust, par exemple. J’ai lu (et vu parfois, quand j’ai eu cette chance) ses pièces de théâtre, bien sûr, mais j’ai lu seulement Murphy et Malloy. A l’époque, j’étais trop fragile pour déambuler ainsi, à ses côtés, aux abords des hôpitaux psychiatriques. Ca me fichait la trouille ! Les héros ligotés  à des chaises à bascule, pour trouver un peu de repos, ces prodigieux et misérables autistes que Beckett décrivait, m’étaient juste un peu trop familiers !! Pourtant, je goûtais son humour, sa dérision.

Dans lequel des deux est ce chapitre qui me revient en mémoire, et qui débute ainsi :

« 1 mètre quatre-vingt

cheveux blonds cendrés

poitrine 90,

taille 65

pointure 39

Unetelle, 1 m80 etc,, entra dans la pièce… «  (je cite de mémoire, ça n’est pas ça exactement mais j’avais tellement ri !)

Dans lequel de ses livres décrit-il ce « fou » mathématique qui passe une nuit entière devant un tableau électrique, à fermer et ouvrir méthodiquement les lumières, pendant qu’un autre en devient, dans sa cellule capitonnée, fou comme une libellule se fracassant contre les parois vitrées d’un verre ?

Je me souviens aussi qu’à la question : Pourquoi écrivez-vous ? Beckett a répondu « je ne suis bon qu’à ça » , et que j’ai pleuré en lisant cette réponse…

Je vais relire Beckett, tiens. Et j’espère bien que, quand j’aurai définitivement oublié ce triste pitre de Berlusconi, je garderai toujours le souvenir lumineux du visage de cet homme !

Merci à Télérama, donc … Il me semble que ce blog parle vraiment beaucoup de ce journal ! Serais-je une sorte de « succursale » ??, :>))

Clopine

Posté par ClopineT à 10:44 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 mars 2006

Vous avez dit "blog" ?

Je reviens d’un petit tour sur les  blogs  de Télérama.

Pour les éventuels non-lecteurs de ce magazine culturel, il faut savoir que Télérama a pris résolument le parti de la modernité, ouvrant un site internet et lançant sur ce site, depuis quelques années déjà,   un nombre important de « forums », d »’ateliers », de « fils  d’actualité ».

Récemment, le journal a fait un pas de plus : les traditionnelles rubriques du journal, en gros, télévision, cinéma, livres, théâtre, et maintenant « multimédia » proposent dorénavant des blogs, où des journalistes, jeunes ou moins jeunes, déposent quotidiennement des « billets », à la manière des défuntes chroniques hebdomadaires d’un Alain Rémond dans « mon œil », tout en se « succédant » les uns les autres aux manettes. 

Les commentaires sont mis en ligne immédiatement, contrairement aux forums où une lourde modération, qui frise parfois  la censure, s’exerce. Evidemment, les journalistes se penchent avidement sur ces commentaires, y répondent parfois, tissant ainsi un lien direct avec leurs lecteurs-commentateurs, ce qui garantit à ces derniers une lecture aussi quotidienne que les billets des auteurs et leur laisse espérer l’éphémère gloire d’une réaction !

Je ne sais quelles sont les réelles impressions de ces journalistes devant cette évolution de leur métier… Je pense qu’il doit y avoir de l’effervescence, un peu comme aux premiers jours de la radio, quand un journaliste, le premier, a tendu un micro à un passant qui passait  :  un côté un peu « pionnier », quoi, et puis aussi une certaine méfiance quant aux limites réelles de la tentative. Quel est l’intérêt de l’exercice, pour un journaliste, finalement, à part l’immédiateté des réactions et le côté quotidien (qui existe de toute manière dans le métier de journaliste)  ? Surtout que les blogs ne sont pas vraiment polémistes, loin de là. ON a  plutôt l’ impression que leurs auteurs cherchent avant tout la complicité de leurs lecteurs, et ne cherchent pas du tout à les « choquer » ou les  faire réagir…

Leur nature étant aussi humaine que la mienne, j’imagine que les bloggueurs téléramesques, les journalistes, ne peuvent s’empêcher de rivaliser, dans le nombre des commentaires postés, même si ceux-ci, dérivant avec cette frivolité coutumière des « posts » sur internet, s’éloignent du sujet traité, ne servent à leurs auteurs qu’à s’interpeller l’un l’autre, bref, sont « détournés » avec un bel ensemble par leurs auteurs. Néanmoins, quel autre moyen que le nombre de commentaires, pour essayer d’appréhender l’intérêt qu’un de vos messages suscite ?

Il me semble aussi que ce sont les plus jeunes qui s’adaptent le mieux à l’exercice du blog. Une Michèle Gazier, la très talentueuse critique littéraire de Télérama, y montre, je trouve, une certaine « raideur », comme quelqu’un qui tâte du pied l’eau de la piscine, tout prêt à la trouver froide, avant de plonger dedans. Elle essaie visiblement de séparer les choses : son métier de critique dans l’édition papier, et son blog, qu’elle imagine comme, je cite, une « réflexion qui sous-tendrait, qui traverserait » son travail. Mais elle ne peut cependant résister à l’appel des sirènes, je veux dire à ce miroir que les lecteurs commentateurs (j’en suis, sous un faux nom, chut !) lui tendent. Elle vient donc de faire une « pause », poussée par l’envie trop forte de répondre à tel ou tel de ses blog-lecteurs, et commettant ainsi sa première entorse à son programme si (trop ?) réglé d’avance.

J’en ris sous cape, évidemment, mais  ne croyez pas que c’est par méchanceté ! Une telle victoire de la forme (le blog) sur le fond ( le projet de Madame Gazier) me fait penser que nous assistons donc à la naissance d’un « genre » à part entière, avec ses règles intangibles, (comme la pantomime, forcément silencieuse ou le conte, qui doit commencer par « il était une fois »), et qu’une de ces règles est la réactivité de l’auteur aux commentaires qu’il suscite, et qu’il cherche à susciter (sinon, pourquoi ouvrir un blog ?) 

Quant à moi, forte de cette intuition, je répondrai donc à Andremrivière (je sais qu’il ne se vexera pas, parce que c’est un homme intelligent, n’est-ce pas ?) qu’effectivement, la lecture de son blog, dédié à des textes avant tout « littéraires », à des écrits se suivant, construits comme des romans ou des essais, est sans doute freinée par les handicaps « techniques ». D’abord et en premier lieu, la lecture qui s’apparente au « rouleau déroulé », comme dans l’antiquité ou au moyen-âge. On fait défiler les textes  de haut en bas, alors que notre apprentissage de la lecture s’est opéré de gauche à droite. Je ne suis pas à même d’analyser les conséquences de ce changement, mais je suis persuadée qu’elles existent !

L’autre handicap à une lecture soutenue, c’est le renversement temporel. Un livre, une nouvelle, commence par la page 1 et se termine à la fin. Sur un blog, on commence par le dernier message : il faut donc avoir conscience que le lecteur lit le chapitre en cours, puis remonte au précédent, etc jusqu’à la page 1. Vous me direz qu’on peut trafiquer les dates de publication ? Certes, mais ceux qui utilisent le blog quotidiennement, comme un bloc de papier sur lequel chaque jour on vient noircir une page, doivent dans ce cas écrire d’abord leurs textes en entier,  avant de les publier. La seule forme qui surnage donc, dans ce cas, est celle du feuilleton.  Et encore, pour une seule et première lecture. Les nouveaux arrivants devront eux aussi remonter le temps…

Bon, je voudrais tout de suite rassurer Andrem  ou d’autres : le CONTENU de leurs écrits sublime bien entendu la forme utilisée, et je m’en vais le prouver en allant de ce pas en lire quelques pages ! Mais je crois cependant que le blog ne peut remplacer l’édition papier ; s’il est utilisé comme un pis-aller (ce qui, je l’avoue humblement, était mon intention première, vu le peu d’intérêt que mes écrits suscitent chez l’éditeur lambda !), la tentative est promise à l’essoufflement.

Et regardez comme il est facile de déraper dans le potage ! Moi qui viens de dire qu’un blog doit être quotidien, éphémère, court, léger et rebondissant comme un feuilleton de cape et d’épée du 19è, je viens de vous en coller deux pages arides, insipides et aussi lourdes à digérer qu’un cassoulet à la graisse d’oie !

Votre Clopine Trouillefou, apprentie critique blogueuse !

Posté par ClopineT à 12:10 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [0] - Permalien [#]
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