Clopineries

J'en suis encore à m'demander après tant et tant d'années à quoi ça sert de vivre et tout à quoi ça sert en bref d'êt'né F. Béranger

27 décembre 2007

les aboiements des chiens

Télérama n'en pas pipé mot, et pourtant, quelle pitoyable spectacle que l'émission de Ruquier ! La rétrospective 2007 offrait en florilège l'interview, si on peut appeler ça comme ça, de Catherine Breillat par deux sinistres "journalistes" (???). Freud aurait été là, il aurait bien entendu décelé, sous la haine et la hargne visqueuse et mesquine des deux compères, la revanche du machisme sur un esprit libre, féminin de surcroît. Breillat ricanait, que pouvait-elle faire d'autre, à part leur cracher dessus, ce qui aurait été leur rendre la pareille d'ailleurs mais n'aurait pas été admis (et pourtant, il faut parler aux gens le langage qu'ils comprennent, et visiblement ces deux-là ne connaissent que leur crachat, qu'ils parent d'une fausse teinte d'objectivité (mon cul) !

Je suis un tantinet en colère, là. Et pourtant, je n'ai vu que deux exemples du travail de Catherine Breillat, mais ils m'ont suffi pour être convaincue de la profonde originalité, de l'hônneteté intellectuelle et du talent de la dame; spécialement ce film étrange, qui se passait sur la sealink entre Dieppe et Newhaven, d'une aventure entre une femme et un tout jeune adolescent.

J'avais mal pour Breillat, à la vision de ce morceau parfaitement malsain d'une télé imbécile, qui, abusant de son pouvoir, prétend mettre au pilori quelque chose qu'elle ne peut comprendre. Breillat est une superbe caravane, et les chiens aboient. Ce sont mes oreilles qui souffrent de ces aboiements, heureusement que Breillat, elle, ne fait que passer.

N'empêche, quelle saloperie que ce Ruquier...

Clopine

Posté par ClopineT à 14:36 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [2] - Permalien [#]

23 novembre 2007

bon je me calme un peu mais en fait ça ne change pas mon opinion

Grain de sel, Pilou, non je n'ai pas vu le commentaire de Thomas B;, j'ai vraiment cru qu'il s'autorisait à envoyer deux mots comme ça à cultu (en plus je viens pile poil d'en remettre une couche surle wizz machin...

mais j'ai raison quand même.

La vieille conne

Clopine

Posté par ClopineT à 16:30 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [0] - Permalien [#]

pour mettre encore un peu plus dans l'ambiance...

Bon. Résumé des chapitres précédents. Télérama.fr, site protéiforme depuis quelques années, vient de se transformer. Plus vite, plus image, plus massmédia, bref. Je me fends d'un message ici, sur l'antiforum, j'ouvre un "blog" sur le nouveau site télérama (les forums n'existent plus, chacun crée son propre "univers", son "blog", quoi, sauf qu'ici c'est un wizz et que le message incitatif parle d'image, vidéo, photo, l'écriture ne venant qu'en bonne dernière, du bout des lèvres).

Cultu( il a été mon parrain sur internet, il y a sept ou huit ans, c'est lui qui a guidé mes premiers pas, je l'ai déjà remercié pour ça je réitère), me répond q'il n'est pas d'accord avec mon analyse, que le nouveau site va permettre de découvrir plein de choses, que mon discours sent le vieil aigri qui regrette le bon vieux temps - "back to the trees" quoi.

Une sorte de discussion s'enclenche, enfin, pas une discussion hein, fini ça, mais enfin on entend deux sons de cloches. parfait...Si chacun respecte un minimum de règles de courtoisie, si l'on évitte les querelles de personne, si l'on accepte que des personnalités différentes puissent ressentir les choses de manière différente, si la place est faite pour les arguments et pas seulement les humeurs,si l'on accepte de discuter du fond et de la forme, ça risque de commencer à m'intéresser et à mettre un peu de baume sur ma plaie (oui, je l'avoue, je suis un peu meurtrie par le nouveau site, et j'ai envie de l'exprimer)

OUi, mais voilà que, alors même que je me plaignais du manque de contact direct avec les euh journalistes ? web de télérama (réception d'un publi postage, bref z'avez qu'à lire mon message précédent) un journaliste de télérama me fait l'honneur d'intervenir sur mon "blogwizz". AAAAhhh ! Allez-vous dire, in petto ! Clopine se fait démentir illico presto : au lieu d'une ignorance basée sur le mépris, voilà bien la preuve qu'on est à l'affut, à télérama, des réactions même négatives...

Eh bien vous n'y êtes pas du tout. Un journaliste, Thomas Bécard, a bien posté un commentaire sur mon "wizzblog", mais juste à l'intention de Cultu, qui supputait sur son âge. De tout mon message, de toute la discussion, la seule chose qui a retenu son attention, la seule chose à laquelle il a répondu, la seule précision utile à apporter, c'est la question de savoir quel âge il avait. Et il ne s'adresse même pas directement à moi, hein. Il répond à Cultu sur MON wizzblog, sans un seul signe à mon adresse. Des fois que je me crois chez moi dans mon "espace perso"...

Thomas Bécard, excusez-moi de vous le dire ainsi mais aucune importance, ce ne sont que les paroles d'une vieille aigrie nostalgique du temps de la bougie, votre intervention porte la marque de la goujaterie...

Zut, il n'y a pas de dictionnaire sur télérama.fr. Va falloir que vous tapiez sur google pour avoir une idée de ce que ce mot veut dire...
Clopine, assez outrée en fait. Ca commence décidément de mieux en mieux...

Posté par ClopineT à 12:48 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [2] - Permalien [#]

22 novembre 2007

le coeur gros

Bonjour à tous..

En fait, le nouveau site de télérama, avec ses "wizz" gainsbouriens, s'il me fait mal aux seins, c'est sans doute par nostalgie (j'y ai fait mes premiers pas ouèbiens,  et c'était comme Göttingen pour Barbara : il y avait des gens que j'aime...) mais aussi parce qu'il fait mal tout court, et que c'est sans doute inévitable...

Evidemment, je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans etc.

Mais c'est exactement comme l'installation des FNAC dans les années 80.

Avant, ah, avant ! on poussait des portes (parfois même il y avait le grelot d'une sonnette qui annonçait votre arrivée), on entrait dans des magasins souvent petits, parfois obscurs, toujours encombrés. On était chez le libraire, ou chez le disquaire, ou chez le marchand de hi-fi qui avait une iode à la main, ou encore chez un photographe ou une galerie de peintures, une petite, avec une jeune fille derrière une table... Il y avait TOUJOURS une personne humaine qui vous souriait franchement. Quand on était plus de trois là-dedans, on s'envoyait des petits signes de politesses. Les conversations s'engageaient facilement. C'était calme, toujours, chaleureux souvent, à taille humaine quoi...

Et puis il y a eu les Fnac. Oh, certes, le nombre des marchandises y est colossal. Les moquettes épaisses, et il faut bien ça, vu le côté hall de gare en heures de pointe que n'importe quelle fnac arbore. IL y a des tas et des tas de gens, mais attention, hein. On se frôle, juste. On ne se regarde jamais. Se toucher ? Encore moins. On a l'air de savoir où on va, ce qu'on cherche. Les visages sont comme blasés... Le pire, c'est quand il vous prend le besoin de consulter un vendeur. ( déjà presque aussi difficiles à trouver qu'un journaliste à télérama.fr, invisibles, loins, loins, ne daignant pas répondre...)

Je ne sais pas vous, mais bibi, (ça doit être ma parano), je tombe toujours sur des vendeurs fnac, avec leurs hideux gilets bicolores tendance public school anglaise (un délice de goût) déjà fort occupés... Avec des clients qui chuchotent de longues conversations qu'on devine bien techniques. Le vendeur vous a bien vue, oh là là oui. IL vous regarde de coin. On suivrait presque les circonvolutions de son cerveau : "dire que je vais devoir arrêter de renseigner ce charmant jeune homme qui en sait autant que moi sur les mérites comparés des cartes mères des mac et des pc, pour devoir aller dire à cette ... euh... femme ? qu'elle s'est trompée de rayon :  c'est tout à fait le genre à poireauter une demi heure pour demander le dernier Harry Potter sans avoir vu les trente cinq piles d'un mètre cinquante disposées partout...) Parfois, quand j'ai une vraie question technique à poser, le vendeur me rétorque, narquois, une contre question à laquelle je ne bite évidemment que  dalle... le tout dans cette ambiance de ruche inamicale, ce croisement d'egos tous plus renfermés sur leur jouissance de consommateur, comme téléguidés, même ceux qui lisent des bédés debout sont isolés ET arrogants à la fois... C'est ça les Fnacs. Le temple de l'ego, dévoué à la seule jouissance de l'achat branché.

Eh bien c'est exactement la même évolution sur le site télérama.fr. On ne pousse plus la porte d'un endroit ouèbesque à sa taille, où on retrouvait des habitués, où on s'engueulait ou s'aimait un peu à la va comme je te pousse. Maintenant, c'est ambiance hall de gare, avec "espaces persos préservés", hein, exaltation de l'ego mais dans des endroits faits pour ça, et pas de dérapage s'il vous plaît. Vous ne me croyez pas ? Tenez, allez ouvrir un blog (pardon, un "wizz blog", histoire de bien comprendre qu'ici, ça va vite, c'est dans l'immédiat, l'éphémère..).

Déjà, un  blog, le site entier vous fait comprendre que c'est pas terrible (sans doute à cause de l'effort que demande la lecture) ; vaut mieux l'image, la photo, le dessin, la musique.... Ensuite, vos visiteurs, que vous coopterez vous-même, sont d'emblée appelés des "amis". Sisisi je vous jure, on se croirait chez Oui- oui...Pas d'atteinte à l'ego, hein, ça, ce n'est même pas envisageable.

J'ai ouvert un wizzblog. Je ne sais pas encore comment Grain de Sel est tombée dessus, parce que vraiment rien n'indique où c'est, comment s'y rendre. Et mes bras m'en sont tombés encore un peu plus bas, parce que, tenez-vous bien, j'ai reçu un message de télérama.fr. Enfin, un message. Ne croyez pas que dans cette sorte d'usine, on ait le temps d'écrire à quelqu'un, hein. On envoie un publipostage, c'est tout. Qui dit quand même que si on tient bien notre wizz, qu'on envoie de belles photos, de belles musiques, qu'on donne de notre si riche et intéressante personnalité, y'a pas de raison : on se fera tout  plein d'"amis" et télérama "mettra en valeur" les meilleurs (entendez les plus fréquentés, les plus consensuels, les plus insignifiants, quoi, dans le sens qui ne remettront jamais rien en cause !)  puisqu'évidemment, ici comme à la fnac, c'est le chiffre d'affaires entendez le Nombre, la Quantité, qui va primer...

Et vous voudriez, ô vous mes ex-téléranautes que j'ai tant aimés, à qui j'ai tant plu ou déplu, que je saute de joie en disant "chic, au moins ça bouge, c'est génial, y'a plein de trucs à voir, on ne sait plus où donner de la tête, et puis les wizz, c'est génial, on va pouvoir s'exprimer hein ...)

Il pleut sur télérama.fr, et j'ai le coeur chagrin.

Clopîne, j'emmerde la modernité (tiens, je m'en vais aller wizzer ce texte. Ca ne servira à rien, mais sait-on jamais. Peutêtre qu'un journaliste (ooh, un gros mot...) le lira ? C'est bientôt Noël, j'ai le droit d'y croire.

Franchement, vous les aimez, vous, les Fnac ?

Posté par ClopineT à 17:16 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [6] - Permalien [#]

le nouveau site de télérama

Le "nouveau site" (qui se rôde depuis deux mois quand même), vient de "sortir" sur Télérama. Une nouvelle rubrique "wizz" permet de créer des sortes de blogs estampillés "télérama" : ainsi, les visiteurs réguliers deviennent des "amis", et la page d'appel fait ouvertement référence à l'image (pots de couleurs, pinceaux, phothographies).

Les principes du nouveau site sont donc réaffirmés :

PRIORITE ABSOLUE de l'image sur l'écrit. la page d'accueil fait défiler une quinzaine de vidéos, annoncées/expliquées par deux lignes...

JUXTAPOSITION des thèmes, des blogs donc via le "wizz"

SURABONDANCE des possibilités offertes au lecteur. Les infos foisonnent, chansons, films, etc.

RAPIDITE revendiquée, par la recherche graphique du site, le vocabulaire "wizz" par exemple, l'invitation à zapper d'une vidéo à l'autre, le défilement de vignettes très petites en bas des pages (je crois que le visiteur est censé cliquer sur une des vignettes pour arrêter son défilement, puis "entrer" dans le vif du sujet ;: blog, vidéo, images en tout genre...

Bref, du zapping, de l'individualité juxtaposée, pas de possibilité de dialogue construit, pas de profondeur de champ, pas de références...

Le nouveau télérama est bien à l'image de la société sarkozienne, qui privilégie le spectacle et la consommation à la réflexion et à l'acquisition LENTE de savoirs. Bref, pas d'étonnement à les voir couronner un Bégaudeau...

Vous me direz qu'ils ne font que REFLETER l'air du temps. Certes, mais à coller à ce point à ce que notre époque a de pire, la superficialité, Télérama en perd complètement son âme.

je m'en vais devoir aller ouvrir un "wizz" chez eux, uniquement pour poster ce billet... Un peu lourd, non ?

Et je n'attends aucune réponse de leur part. La désinvolture méprisante avec laquelle télérama a, depuis cinq ou six ans, traité ses téléranautes, était telle qu'elle m'a ôté tout illusion sur une quelconque réaction de leur part aux petites analyses de

Clopine Trouillefou, à qui ils ne daigneront évidement pas répondre... (et pourtant, nous nous aimions bien, et je leur ai fait quelques cadeaux. Mais bon, l'ingratitude et le mépris font aussi partie de la nouvelle charte du site !)

Posté par ClopineT à 09:54 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [1] - Permalien [#]

07 novembre 2007

Bon, ben sans vouloir la ramener, je m'énerve quelque peu, là

Après tout, pourquoi pas m'énerver ? Un des tout premiers textes que j'avais lancés sur le net, sur un blog désormais disparu et qui ouvrait ses portes à des essais d'écriture sur le thème du détournement de langage, se retrouve maintenant à tout bout de champ dans la blogosphère (il s'agit de la recette de la dinde au whisky, texte que je ne trouve pas si terrible que cela mais bon...). J'ai commis aussi une recette de la botte de radis (pastiche de Duras) qu'on retrouve sur google... Et un article sur la relation blog-autobiographie, qu'on m'a signalé apparaissant sur un site d'IUFM...

Certes, c'est valorisant tout ça. Pensez que des inconnus qui ne me connaissent pas, donc, prennent le temps de copier/coller des textes et s'en servent, voire les détournent, les améliorent pourquoi pas, se les approprient finalement je n'y vois pas d'inconvénient. Sauf que j'aimerais bien que, de temps en temps, les mots "Clopine Trouillefou" soient cités en bas des dits-textes...

De même, (ça c'est arrivé hier)  quand  une chaîne de radio nationale (c'est-à-dire qu'on peut espèrer un peu plus déontonlogique que d'autres), fait ouvertement référence à des "formules" qui, pour bateaux qu'elles soient peut-être ,  sont néanmoins sorties de mon petit cerveau, sans qu'on cite  je ne dis pas mon nom, mais au moins la source (par exemple "un commentaire sur le blog de Pierre Assouline dit que...") eh bien cela commence à m'agacer.

Voilà, je l'ai dit. Je prends tout cela pour un manque de courtoisie, mais il est vrai que cela devient la marque de l'époque. Tenez, prenez un journal comme "télérama", à l'identité forte, qui entretient avec ses lecteurs une interactivité forte. Eh bien, fermeture de toute expression libre des lecteurs, arrêt de l'ancien site sans un seul mot officiel d'explication, atelier d'écriture qui était en cours lui aussi stoppé comme ça, sans un mot pour ceux qui y avaient participé (dont bibi, à six reprises quand même...) Cela ressemble fort à du mépris. A force, le mépris peut se retourner contre celui qui le pratique, n'est-ce pas Monsieur Godard ?

En tout cas, je profite aussi de ma qualité de lectrice attentive et de participante engagée  pour souligner, et la vacuité du nouveau site internet, et la baisse de qualité de l'édition papier. Les fautes d'orthographe se font de plus en plus nombreuses, des copiés collés apparaissent indûment, des redites dans les critiques et commentaires de programmes... Un éparpillement aussi, qui n'existait pas auparavant...

Je bougonne, donc : la courtoisie, la déontologie, l'honnêteté ont donc leur place, en sarkozie : sur un rouleau à côté des chiottes, pour que leur nouvel usage soit facilité.

Clopine

Posté par ClopineT à 11:22 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [4] - Permalien [#]

25 octobre 2007

ca se confirme

je m'éloigne à toute vitesse de ce qui a compté pendant dix ans au moins, dans ma vie. J'ai oublié d'acheter Télérama, hier, je  jette un oeil circonspect sur les éditoriaux de Philippe Val, dans Charlie Hebdo,  je sélectionne des passages chez les papous au lieu d'écouter religieusement de bout en bout (au fait, j'avais trouvé le dernier DLA, trop fastoche d'ailleurs. Le printemps romain de mrs stone, c'est carrément paru en readers digest, alors.) Pierre Assouline tient à peu près le coup, mais on est sumergés de messages (plus de 150 à chaque coup), dont les trois quarts oiseux, private joke, parole monopolisée par trois quatre compères qui en profitent pour se passer du saindoux sur l'ego.

Le site télérama.fr n'existe plus, Djac baweur est sardonique, (sa mère, of course), frosine si loin, mes manuscrits se plaisent tant dans mes tiroirs qu'ils s'y tapent l'incrust, je n'ai pas le courage d'ouvrir la page du blog de Françoise Guérin, je n'ai pas reçu un signe de Jacques Jouet à qui j'ai envoyé, sur appel du pied de sa part, deux pots de confiture alors que je n'en ai envoyé aucun à CactusJoe, qui est pourtant sympa, fidèle au poste, souriant et serviable, LUI, je suis snobée par un Gilles Cohen Solal sans bien comprendre ce que j'ai fait pour ça, à part que je suis goy mais s'il en est là, le pauvre... Soph' en a carrément marre de moi, Onfray, ah, Onfray ! Tiens, je sens qu'il ne va pas tarder à me décevoir aussi celui-là. Ma vie professionnelle est un désastre, ma vie affective d'une platitude que la Beauce m'envierait, mon délicieux enfant est devenu un ado pénible, Sarkozy lape la France crédule d'une langue à la fois visqueuse et rapide comme celle d'un lézard croisé avec une vache, Véronique Aubouy devient peu à peu un souvenir lumineux certes mais qui s'estompe, Gégé  a cinquante quatre ans et mon chien est un veau.

Je crois que je commence une dépression nerveuse. Enfin, nerveuse, c'est vite dit, hein. Une grosse, molle, lente, dégoulinante et baveuse dépression. Et en plus, le seul polar qui me faisait rire (celui du mec à kiki, voir en bas à droite), s'achemine vers le mot fin.

Tout un programme.


Posté par ClopineT à 21:11 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [11] - Permalien [#]

03 octobre 2007

TOUT FAUX

Encore une nouvelle déception (ça n'en finira donc jamais, ces temps-ci ?) : le nouveau site de télérama;

Ma déception est sans doute à la hauteur de l'engouement (et de la place qu'à un certain moment, le site de télérama avait prise dans ma vie, notamment grâce aux ateliers d'écriture...) mais là, quand même, même en faisant abstraction de mon histoire personnelle, quelle claque, ce site.

Parce que tout ce qui faisait la spécificité du lien qui unit le journal Télérama et ses lecteurs, et qui rejaillissait dans les anciens sites, a été soigneusement balayé;

Par exemple, contrairement au lecteur de Télé Z, le lecteur de Télérama a un rapport à l'écrit qui lui permet a priori d'apprécier des critiques construites, des articles un peu longs et documentés, voire de suivre avec plaisir des discussions contradictoires et de participer à des débats. PLUS RIEN DE TOUT CELA dans le nouveau site : des "pavés" d'image, avec, tenez-vous bien, deux lignes "explicatives", censées servir d'"accroches" je suppose, de permettre au téléranaute de décider en deux secondes s'il a envie ou non d'ouvrir le pavé; et le pavé proposé, c'est de l'image, de lavidéo type daily motion, bref. L'écrit est balayé : on sent bien que dans la tête des concepteurs du site, l'internaute n'a pas le temps de se taper une lecture de plus de deux lignes pour décider s'il aime ou non, s'il est intéressé. BREF une adaptation aux nouvelles donnes, dirons- nous. Et c'est là que le bât blesse. Est-ce parce que partout ailleurs on fait dans la démagogie que le site télérama doit suivre ? Doit-on forcément aller "dans le sens du vent", quand ce vent pue le zapping, la superficialité, l'absence de culture, la prédominance à tout prix de l'image ? Les adeptes me traiteront de ringarde, hausseront les épaules, revendiqueront la modernité et le contenu préservé sous l'habillage clinquant; mais je ne suis pas sûre du tout que le lecteur lambda de télérama n'ai pas une autre exigence pour le site de son hebdo culturel...

D'AILLEURS, plus aucune réactivité "libre" possible sur le nouveau site; Adieu, les forums, où les endroits comme les blogs que le téléranaute pouvait librement s'approprier, pour "parler de tout ou de rien"; Le novueau site ne permet que de CHOISIR DANS UNE LISTE, et les réactions ne doivent pas excéder 400 SIGNES !!! Tout un programme, effectivement;

Plus de signatures en première page, of course, il n'ya plus que du zapping d'images en première page; télérama se fourvoie complètement en prenant la place de ce qu'il doit, a priori, critiquer; il donne à voir au lieu de commenter ce que l'internaute a pu voir de lui-même; c'est de la merde, quoi.

et la critique livres, mon dieu ! Fausse proximité et connivence, premier article torchonné comme je n'aurais jamais pu croire voir ça de mes yeux, une fausse désinvolture, un faux ton, bref, TOUT FAUX ; à croire qu'à télérama, ils ont oublié que leurs lecteurs croient encore à quelques valeurs comme l'authentique, le raisonné, l'expliqué, le construit; qu'ils sacrifient, avec joie, sur l'autel de la modernité sarkozienne, la déontologie de leurs métiers de journalistes. Que par trouille d'être en retard, ils balancent par-dessus bord tout ce qui faisait l'essentiel de leurs précieux bagages, pour ne garder que le clinquant d'un net d'éphéméride, sans réel contenu, zappant à tout va et imbuvable;

à voir sur la durée, me direz-vous, mais comme justement ils ont l'air de vouloir s'en foutre éperdument, de la durée, au point de ne pas mettre plus de deux phrases de suite pour évoquer n'importe quel sujet, je me demande ce que je pourrais bien venir y foutre désormais, sur leur site;

je l'ai mauvaise parce que je l'aimais bien, et que j'y ai rencontré des gens valables : quel gâchis !

Clopine

Posté par ClopineT à 11:30 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [7] - Permalien [#]

15 septembre 2007

M & m's (mort de jacques martin)

j'étais jeune et secrétaire à mi-temps de l'association des commerçants de la ville de B, qui organisait, tous les printemps, sa foire commerciale. Qui a eu la brillante idée, cette année-là, d'inviter l'émission "l'école des fans" avec présence de Jacques Martin ? En tout cas, pas moi...

Ce fut la folie. Deux mois avant, les familles se battaient presque pour faire inscrire leurs précieux rejetons, contre monnaie sonnante et trébuchante s'entend. La pire épreuve était celle dite de "la partition", qu'il leur fallait trouver et acheter (? pourquoi au fait ? Y'avait-il des accords financiers là-dessous ?)M'enfin, quinze jours avant le grand jour, deux cent morpions étaient fin prêts. Ce ne fut évidemment pas Martin lui-même qui "sélectionna", mais deux sous-fifres. Huit seulement s'en sortirent, ça pleurait sec dans mon minuscule bureau, et je n'en étais qu'au début...

Le dimanche arriva, et avec lui, la foule, venue uniquement pour l'école des fans mais, tant qu'à faire, bonne fille, elle en profitait pour admirer les tracteurs et les cuisines en préfabriqué exposées sur les stands. Conformément au contrat, la caravane de Monsieur Martin était avancée, avec champagne dans le mini-bar, bouquet de roses rouges, téléphone pas encore portable, et tout un tintouin que votre humble servante avait eu l'honneur d'organiser...

Par contre, je n'avais pas prévu de caisse assez grande pour contenir les billets de cinq francs, droit d'entrée pour l'école des fans. Il y en avait partout, en liasses éparses, dans mon sac, dans une caisse...

Et puis Monsieur Martin est arrivé. IL a fait le show avec les 8 petits enfants sélectionnés. Et puis il est reparti dans sa grosse bagnole. Le tout en vingt cinq minutes chrono...

Il n'avait pas mis les pieds dans la caravane décrite ci-dessus. Et plus grave encore : il n'y avait pas eu la moindre petite caméra pour filmer l'évènement...

Eh oui. IL était venu animer une foire commerciale, hein. Pas de sa faute si les bouseux croyaient naïvement que l'"école des fans", ça voulait dire passer à la télé... Là, ça voulait dire simplement avoir l'insigne honneur de voir Monsieur Martin monter sur l'estrade se pencher sur le pitchoune, supporter l'écoute d'une chansonnette massacrée, et repartir après, les bras encombrés d'un bouquet de roses rouges apparu miraculeusement sur la scène..

Bon la foule n'a pas trop bronché, à part évidemment ceux qui sont venus se plaindre... auprès de qui d'ailleurs, les récirminations et les plaintes, d'après vous, hmmmh ?

J'ai fini la journée enfermée dans la caravane, à compter et recompter les billets, les mettre proprement en liasses et à vérifier le (gros) chèque à remettre à l'agent de Monsieur Martin (le contrat prévoyait un partage de la recette autant dire que l'agent de la boîte de production ne m'a pas quittée des yeux pendant tout le comptage, et qu'il a récupéré pour son usage personnel le champ non utilisé)

A onze heures du soir, c'était enfin fini et j'étais épuisée littéralement...

Alors, après, la tête de monsieur Martin à la télé, hein...

Clopine

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14 septembre 2007

la seule réponse à la démagogie est de lui tendre son propre miroir

L'Angleterre a perdu d'avance

Angleterre-Afrique du Sud. C'est le premier grand choc des phases de poule de la coupe du monde de rugby, et c'est ce soir sur TF1. En exclusivité mondiale, nous sommes en mesure de révéler le discours que le sélectionneur anglais, Brian Ashton, fera lire à ses joueurs avant le coup d'envoi.

« Je n'ai rien d'autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur.

Nous avons devant nous une épreuve des plus douloureuses. Nous avons devant nous de nombreux et longs mois de combat et de souffrance.

Vous demandez, quelle est notre politique ? Je peux vous dire : c'est d'engager le combat sur terre, sur mer et dans les airs, avec toute la puissance, la force que Dieu peut nous donner ; engager le combat contre une monstrueuse tyrannie, sans égale dans les sombres et désolantes annales du crime. Voilà notre politique.

Vous demandez, quel est notre but ? Je peux répondre en un mot : la victoire, la victoire à tout prix, la victoire en dépit de la terreur, la victoire aussi long et dur que soit le chemin qui nous y mènera ; car sans victoire, il n'y a pas de survie. »

Winston Churchill, 13 mai 1940.

(je ne sais pas vous, mais d'un seul coup, ce texte, recopié sur le blog "télé" du journal télérama et signé SAMUEL GONTIER, m'a regonflée. Tant la rigolade est finalement une arme fatale (5)

Posté par ClopineT à 15:50 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [3] - Permalien [#]
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