13 octobre 2009
La vie sans Clopinou, trois.
Ce matin, la fichue trappe s'est encore ouverte, une fois de plus du côté de la salle de bain : c'est un de ses endroits préférés. Notez qu'elle affectionne aussi les abords de la commode, et qu'elle peut également s'ouvrir près du téléphone. J'en ai déduit que le vaisseau extraterrestre qui lui est directement relié se balade à sa guise, et qu'il se positionne de manière à être le plus près possible des objets dérobés... Puisque c'est de cela qu'il s'agit : vous posez innocemment un objet à côté de vous, et hop, sournoisement, la trappe spatio-temporelle s'ouvre, et l'avale.
Les extra-terrestres (sûrement dans le but de dominer complètement, un jour prochain, notre galaxie) amassent ainsi des chaussettes (mais attention, hein, une seule à la fois !), des clés, des stylos en quantité non négligeable, des tas de trucs et de bidules, au moment précis où on a besoin d'eux. J'ai remarqué aussi qu'ils aiment bien les papiers importants, ceux qu'on met dans des endroits spéciaux pour ne pas les mélanger au tout-venant, et, ce matin, ils m'ont slurpé ma paire de lunettes. Sacrée trappe spatio-temporelle. Parfois, elle recrache ce qu'elle a avalé, mais pas toujours. Ca doit dépendre de leurs besoins, là haut...
J'ai donc cherché d'abord ma paire de secours, parce que si jamais mes lunettes sont recrachées, sans lunettes je ne peux pas les retrouver (euh, bon, on va dire que je me comprends..). "Ils" ne sont pas intéressés par la paire de secours, mais je sais pourquoi : elle pince le nez, c'est très désagréable. Ce qu'ils sont bec et miettes, ces extraterrestres trappistes, quand même !
Bref, c'est un peu désorientée que je suis allée ouvrir la porte au chat, qui vient tous les matins chercher sa tasse de lait. Avant, sitôt la dernière goutte proprement essuyée par la petite langue rose et râpeuse, Attila se faufilait vers les chambres, histoire de choisir le lit adéquat pour sa grasse matinée. Mais depuis quelque temps, il ne fait qu'entrer et sortir, fait trois tours dans la maison, pousse un ou deux petits miaulement lamentables et demande à ressortir dans le jardin... Mais qu'a donc ce chat ?
Le nez pincé, je le regardais ce matin : en fait, lui aussi est désorienté, et je crois bien savoir pourquoi : il s'ennuie. C'est pour cela qu'il ne reste plus dans la maison, qu'il va chercher, ailleurs, des distractions. La vie est devenue juste un peu trop tranquille. Songez qu'il n'y a plus de cris guerriers "Chope le minou !", qui déclenchaient le surgissement du chien, de dessous la table, la cavalcade tout le long de la maison, la fuite (faussement) éperdue sur l'armoire, où l'on s'installait, la queue dressée, dominant l'Ennemi. IL n'y a plus non plus de "kalachtchat", jeu où l'animal se retrouvait plaqué contre un flanc, les pattes arrières tenues comme la crosse d'une mitraillette, les pattes avant tendues et un (faux) déluge de balles traceuses partant dans toutes les directions. La nuit, plus personne ne se lève pour ouvrir la fenêtre, permettre au chat de venir dans le lit et distribuer des câlins sous la couette. Il n'y a plus non plus de "placage au sol"et de roulades à deux, dans la chambre, avant que le chat ne se dégage et ne file sous le fauteuil. Plus de jeu de "trape-trape", où il s'agissait, de dessous le lit, d'accrocher la main qui avance et recule....
Tous ces tohus-bohus, ces tumultes, ces courses-poursuites me faisaient râler, et comment. "Vas-tu laisser ce chat tranquille !" "Mais il va finir par te griffer, et il aura raison, enfin quoi !!" Je levais les bras au ciel, et allais même parfois, d'autorité, délivrer l'animal entortillé dans la couette, et qui partait d'un bond.
Il partait, oui, mais revenait toujours...
Bon sang, le chat s'ennuie du gamin si fort qu'il semble me le dire tous les jours, en allant renifler à petits coups la porte de la chambre désormais vide, et en poussant deux ou trois petits miaulements. IL faut attendre désormais le week-end, et encore. Entre les devoirs, les jeux vidéos, les SMS et le temps qui file, il n'y a plus guère de place pour le Chope-le-Minou, ni pour la Kalachtchat.. Et puis, se roule-t-on encore par terre, quand on a quinze ans et la voix qui mue ?
le chat s'en va donc, se sentant tout drôle, préférant la fraîcheur du jardin . Est-il besoin de préciser que, moi aussi, en ce moment, comme mon chat inoccupé, je fais parfois le tour de la maison, j'ouvre une porte et la referme, et que je me surprends à tendre l'oreille - mais non, tout est calme, si calme, trop calme dans cette maison...
17 septembre 2009
Crime et châtriment
IL y avait le vétérinaire, Clopin, l'ânon qu'il s'agissait de châtrer, et le chien. Ca se passait sur la petite terrasse voisine de l'étable, dans le champ du haut, un carré de béton grillagé souvent utilisé pour parquer les moutons ou stocker le foin. Ils étaient là tous les quatre, et j'étais donc seule représentante du côté féminin de l'univers.
J'étais partagée entre un frisson d'horreur, en pensant sérieusement à ce qui allait se commettre là, et une intense curiosité. Non pas pour le côté technique de l'opération, que l'homme pratique, sur ses bêtes de somme, depuis la plus haute antiquité. On castre les verrats, les béliers, les boucs, les taureaux, les chevaux et les ânes, mais aussi les chameaux et jusqu'aux girafes des zoos, depuis que le monde est monde. Une incision, l'arrachage des glandes séminales, et on recoud le tout. Par mesure de précaution, les ânes étant des animaux portés sur l'hémophilie, le vétérinaire ligature les canaux déférents, et la chose est faite.
Ce qui m'intriguait et me forçait à rester près d'eux, c'était eux. Les hommes. Leurs réactions... Quant aux miennes, elles étaient largement prévisibles, même si je taxais de "sensiblerie" le dégoût qui pouvait me monter aux lèvres. Mais tout aussitôt, je me donnais l'absolution : pendant que l'ânon, encore endormi, était couché de tout son long sur la terrasse, le chien mangeait les pauvres restes de l'opération. C'était, je crois, plus que les choses elles-mêmes, cette proximité qui m'indisposait : l'ânon tout près, les hommes donnant les testicules au chien...
Pourtant, ils étaient des mâles eux aussi : pas un tressaillement, vraiment ? Le vétérinaire, rondement, racontait qu'il en avait même mangées, oui oui, d'un âne précisément, cuites juste après l' opération. Clopin mange lui aussi couramment de la couille de mouton... Les récits allaient bon train, sur telle castration difficile, telle anesthésie ratée. Clopin, avec une sorte de fierté, m'annonçait que notre ânon avait nécessité une dose pour 450 kilos, alors qu'il n'en pèse encore que 200... Comme si cette résistance à l'endormissement signifiait à la fois la qualité de mâle costaud, et le refus de ce qu'on allait précisément lui faire...
J'écoutais les récits, une main sur la bouche. On réveillait l'âne, maintenant, qui vacillait à qui mieux mieux sur ses longues jambes (tu parles, avec une dose pareille). Les hommes le traitaient avec douceur, mais sans aucune sentimentalité.
Je les regardais, les hommes, et je me disais que c'était vraiment une drôle de chose, une sorte d'énigme, que cette masculinité humaine, que ce rapport aux bêtes. J'en avais mal moi-même, pour l'âne, et je ne suis pas homme. Comment faisaient-ils donc pour infliger, avec une telle légèreté, un tel traitement à un de leurs "congénères" ?
ll fallait le faire, c'est certain, et cela se fait depuis que le monde est monde. Mais bon sang de bonsoir, il n'est pas très féminin, ce monde, me semble-t-il. Et la question demeure : ne peut-on, légitimement, le déplorer ?
Clopine
25 avril 2009
Elles sont arrivées...
Trois. Elles sont trois, a proclamé Clopinou, de retour de la grange, en trombe, le sac de voyage tout juste posé sur le sol de la cuisine, la voiture de sa tante à peine garée sous le magnolia. Nous venions d'arriver, de coins différents de la planète, et les hirondelles étaient là : avant nous.
J'ai pensé, en me redressant, le coeur allègre : "c'est donc un bon jour pour mourir", et j'ai siffloté, parce que certes je n'en avais pas l'intention ! J'ai ouvert les bagages : il y avait là des pavés lisboètes, de tout petits pavés crèmes et noirs, destinés aux copains "vous irez les replacer vous-mêmes...", quatre bouteilles de porto, des roufougnousses diverses et deux disques de fado. Des objets dérisoires, pour tenter de rapporter l'inamovible : l'arpentage d'une ville. La voix d'Afonso pour rappeler le 25 avril 1974, celle de Mariza pour dire que tout continue, malgré la fin de l'escapade ... Comment dit-on "escapade" en portugais ? Comment Camoes ou Pessoa l'auraient-ils dit ?
L'hirondelle est l'emblème de Lisbonne, et je ne le savais pas.
Replions nos ailes, donc, trempons notre plume, et continuons :
" La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas"
Clo
17 février 2009
Livres de comptes...
Je n'irai pas au Salon du Livre 2009 de Paris, où pourtant je comptais me rendre, armée d'un sac de voyage suffisant pour y transporter une vingtaine de livres, d'un stylo pour "si jamais j'osais demander une dédicace", et d'un plan de Paris.
A la place, je vais tuer le cochon.
Entendons-nous : je n'ai pas l'ombre d'une interrogation autour de cet acte, qu'on peut considérer comme barbare et qui consiste à tuer un cochon. J'aime bien trop la charcuterie pour ça. Et une côte de porc grillée en plein air, au feu de bois, parsemée de petites herbes potagères, thym, romarin, laurier, et servie sous la vigne, m'ôte jusqu'au dernier des doutes que je pourrais avoir.
D'autant que nos cochons à nous ont de vraies vies de cochon, n'est-ce pas. ILs ne vivent en rien l'enfer des porcheries industrielles, et font partie des trop rares privilégiés qui savent se servir de leur groin.. C'est le pacte ancestral : nous les élevons, nous les nourrissons, nous les soignons, et puis nous les tuons (le plus "humainement" possible) et nous les bouffons. Les vers s'y prendront-ils autrement avec nous ?
Bon, une fois cela a dérapé, je le reconnais. L'habillé de soie (pour parler comme La Fontaine) avait réussi à s'échapper de l'espace qui sépare la bétaillère de la grange. Aussi rapide, stoïque et silencieux que Delon dans le Samouraï, le cochon avait foncé dans le potager, et, sans barguigner, commencé à fouir : en deux minutes, il avait ravagé toute la terre patiemment labourée et semée par Clopin. Ce n'était plus le dernier verre du condamné, là, c'était carrément la bombance : le cochon chez Fauchon ! Il n'en perdait pas une miette... Clopin avait dû courser l'animal, qui s'était enfui derrière la maison, un rhyzome de topinambour encore enroulé autour du groin. Clopin avait réussi à l'attraper par la patte arrière, et l'avait ainsi traîné.. Mais rapporté vers la grange, dès que l'animal avait aperçu son bourreau, notre Tueur, il s'était remis à pousser de lamentables et terribles cris, qui prouvaient son obstination à se sentir vivant, bon dieu de merde !
A l'intérieur de la maison, j'avais réussi jusque là, à force de persuasion, d'autorité et d'obstination, à écarter les trois enfants présents des fenêtres. Mais c'en était trop : ils m'échappèrent tous trois, aussi vifs que le tirebouchonné, et foncèrent se coller aux vitres pour admirer le spectacle : le porc qui hurlait, le chien qui aboyait, le Tueur qui jurait à qui mieux mieux sur sa mère, sa grand'mère, les femmes de sa vie et toute sa descendance féminine, Clopin qui gueulait en ahanant, les pieds arc-boutés dans la terre, en se raccrochant à la queue tirée et rose, et les enfants, ravis, qui y allaient de leurs commentaires surexcités : j'avais l'impression que la girouette, sur le toit, tournait à toute vitesse sous les cris et le vacarme général... Cela a duré quelques trop longues secondes, avant le "'coup de grâce" du tueur, qui a ramené un calme relatif. Le découpage de la bête, hissée à un crochet et fendue -rrannnn- en deux, sa préparation, se sont déroulées alors comme d'habitude. Avec cette sorte d'excitation contenue qui accompagne toute l'opération, la proximité de la mort de la bête fouettant notre sang, à nous autres les humains, pendant que le chien remue la queue en lapant celui du porc qui s'étale, presque noir, sur les pierres du sol...
Nous étions bien loin des morts majestueuses composées par Greuze :
Mais ainsi va la vie...
N'empêche que je n'irai pas au Salon du Livre. allons, pour me consoler, je fais mes comptes. Ce que je vais économiser ici, je le dépenserai là. Mes dépenses culturelles de février étaient strictement limitées : je pensais acheter le Tintin d'Assouline, vu qu'il est en poche, et une biographie d'Anne-Marie Scwharzenbach, si j'en trouvais une. pas plus.
Me voici un peu plus à l'aise. Comme ma conscience me tourmente par rapport à ce blog, notamment à paul Edel qui, infatigable, tente de me "tirer vers le haut", comme Clopin tentait de soulever son cochon par sa courte queue rose, ma décision est prise : je m'en vais (r) acheter la "Montagne magique", (c'est bien le moins), le livre de critique de Pierre Jourde (puisqu'il fait débat) et les tomes perdus de Fabre, pour pouvoir le citer à Paul et à quelques autres. Pavese aussi, me semble-t-il. Pourtant, ce seront des achats faits avec ma raison, (et les sous cumulés de février et mars) et non pour assouvir ces convoitises qui m'empoignent parfois, à la lecture d'une chronique Assoulinienne, d'un texte de Paul ou du témoignage de tel ou tel. Mais je vais m'y appliquer, promis, d'autant que je n'aurai que cela à faire pendant ma semaine solitaire annuelle (quand tous les habitants de Beaubec partent et s'égaillent à droite à gauche, avec des bonnets à ponpoms et des gants fourrés, moi seule restant, avec le chien, près de la cheminée !). Et je lirai Mann avec une attention particulière.
Cochon qui s'en dédit.
Clopine
19 janvier 2009
Quenotte et le taupier
Est-ce pour prévenir les taupes que Quenotte s'amuse à enfoncer un bonnet d'âne sur la tête de notre taupier ? Ce dernier, malgré son sourire ravi, n'est qu'un sanguinaire : songez qu'en guise de facture, il accroche à un clou les corps bruns aux petites mains roses... 2 euro la bête, et j'ai un sursaut de pitié et de dégoût, à chaque fois que je tombe, en sortant le matin, sur les clous ainsi "garnis". Mais c'est la vie des champs, et les méthodes du taupier sont plus efficaces et moins cruelles que le poison §
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02 janvier 2009
Il faut sauver le soldat Ti'Punch.
Nous sommes embêtés, au sens premier du terme, puisqu'il s'agit de notre chien. Ceux des visiteurs qui viennent parfois par ici le connaissent un peu : c'est une brave bête, avec sans doute un peu trop de besoins affectifs, une tendance à parler avec les yeux et.. une forme olympique. Il a trois ans, est joueur, folâtre, plein de bonté et de mansuétude envers les humains. Trop gentil pour n'être pas un Simple, trop attachant pour que Clopin et les autres, dont votre servante, n'y tiennent pas comme à leurs prunelles. Sautant, courant, jouant : un bonheur de voir sa volupté à se servir de tout son corps, frémissant de la pointe de la truffe à l'extrémité du panache de la queue blanche et empennée comme une plume...
Et cet imbécile, attiré par quoi , la lune ? L'appel de la forêt ? Le besoin canin de chasser ? L'odeur d'un congénère ou (peu probable en cette saison) la chaleur d'une femelle ? Cet imbécile, donc, s'en va rôder, en se sauvant, sur les chemins nocturnes. Des escapades de trois à quatre heures chacune. Il en revient à chaque fois répandant des odeurs étranges de boue gelée, de vase froide. IL file sous la table, pendant que l'on s'exclame autour de lui, et ferme les yeux. Sur quelles rêves de courses sous la lune, quelle lumière bleue sur les prés ? Seul le dieu des chiens le sait.
Nous pourrions passer outre, ou bien faire très attention. Enfermer notre chien... Mais comment, dans cette maison ouverte sur tous les va-et-vient quotidiens, qui se prolongent le soir, ces arrivées nocturnes de l'un, de l'autre, ces déplacements de la grange à l'étable, du poulailler au bûcher, voici le voisin qui passe, l'ami qui sort dehors fumer sa clope, le Grand qui va vérifier que la mare est bien gelée (pour préparer les jeux glissants du lendemain) comment faire pour claquemurer notre logis ? Je n'ai jamais su fermer ma porte. Je perds les clés. Je ne connais ni les tiroirs secrets, ni les alarmes, ni les codes. M'en trouve bien, si bien ! J'apprécie comme il se doit le luxe de laisser, sur la voiture, la clé dans le démarreur, les portières ouvertes et le sac à main sur le siège avant... Une maison fermée à double tour ressemble bien trop à une prison, voyons ! La mienne est ouverte, que dis-je ? Béante, oui !
Certes, mais la route ? Les voitures ? Cette fichue Nationale, la tueuse, qui s'en ficherait bien d'occire notre chien ? Les risques d'accident (un chien qui traverse brusquement, un coup de frein, un volant qui tourne sur lui-même, une flaque de sang sous une voiture...) ; même une inconséquente comme moi l'admet : on ne peut pas courir le risque.
Mais alors, comment faire ? Mettre le chien à la chaîne, décrète Clopin, et instantanément mon coeur s'enchaîne lui aussi, comme si on lui mettait des anneaux froids et durs autour, et qu'on tire un petit coup.
IL nous faut pourtant sauver le soldat Ti'Punch, bon sang. Nous tournons et retournons le problème sous tous ses poils, ses oreilles, ses yeux bruns et ses quatre pattes terribles, démangées par l'air rapide, terrible et invinciblement attirant du vent des courses nocturnes...
(suite plus tard dans la journée)
ps : si l'un de vous a une idée géniale pour résoudre le problème, qu'il n'hésite pas, hein.
Clopine
18 mai 2008
Petit Cadeau Dominical...
Cours Utopy, le vieux monde est derrière toi !
Donc, ce Feudon de Feu stravinskien vous permet, à 2 minutes 02, d'entendre la Voix du Père, Dagobert... Et remarquez aussi les yeux fardés de blanc de Quenotte, qui lui donnent un petit air oriental... Et bien entendu, vous aurez reconnu Clopin à la prise de vues, of course ! Je vous l'avais bien dit que c'était beau, un ânon qui court dans un pré, avec pommier aussi en fleurs qu'une jeune fille proustienne ! :>)) Clopine
14 mai 2008
Je remercie tous les fidèles commentateurs...
la nouvelle est tombée sur les télescripteurs AFP (agence feudon publication). le petit est un mäle, et il s'appelle Utopy... avec un "y"... bon on ne maîtrise pas toujours tout, hein. J'avais voté pour UTRILLO, personnellement, mais...la démocratie... Foutu système, certes, mais c'est soit ça soit la dictature, alors.
Feudon ou Fedon : régionalisme normand (de tout le Nord, en fait), pour les ânons.
Je suis retournée le voir toute seule, au tout petit matin. N'est pas "Noir du Berry" pour rien, celui-là. Et absolument sans défiance, il vient mettre son museau au creux de votre main (avant que sa mère ne vienne s'interposer, pour lui apprendre à ne pas parler avec des inconnus, non mais)
Je suis contente d'avoir partagé mon feudon avec vous tous. C'est un peu de chaleur dans ce monde si réel, si virtuel, dans ce monde tout mélangé...
Clopine
13 mai 2008
FAIRE PART, s'il vous plaît...
Son père, Dagobert, Grand Noir du Berry
Sa mère, Quenotte de la Brande dite "la gracieuse",
Les petits et les grands des Ruisseaux,
Le chien Ti"Punch,
et le Reste du Monde,
SOUHAITENT LA BIENVENUE AU NOUVEL ANON , qui vient d'arriver, il y a une heure et quart, sur cette planète
et qui tient déjà sur des pattes si fines, si fines, que le chien en est proprement épaté
BIENVENUE à toi, Mon Feudon !
(bon, pour l'instant, on ne sait pas encore trop s'il est masculin, ou féminin (je parie pour une petite ânesse, personnellement, à cause de la finesse de son museau et de la délicatesse exquise de ses oreilles...) Sa mère aurait comme une tendance à le protéger, en refusant toute approche trop directe, qui pemettrait de vérifier les choses.... Mais il est si beau, je la comprends parfaitement...
Qui sera sa marrraine ? Il y a cinq ans déjà ,un certain PAPOU aux oreilles adaptées à l'écoute de Radio France Culture avait eu la chance d'avoir la délicieuse Françoise Treussard comme Marraine d'âne... Si j'avais l' adresse de son Papa, je proposerais bien à la petite Agathe Chevillard de jouer ici ce rôle : le feudon et elle sont strictement contemporains, et voici qui console d'un monde empli de Nisard ou autres Jardin, n'est-ce pas ?
Reste encore, bien entendu, à baptiser ce petit, ou cette petite : un nom en U, s'il vous plaît, comme un henissement joyeux : un cri d'allégresse !
allez,une dernière, pour la route. Puisse-t-il vivre en paix, cet ânon, qu'on lui évite les mauvais traitements et les courses imbéciles où des ordres contradictoires pleuvent, que personne ne se moque de la longueur de ses oreilles ou de son cri braillard - bref, que les fées des ânes se penchent sur son berceau si vert : le pré-du-bas !
et s'en vint dans l'autre...
Les ânes se font face à face, au-dessus de la clotûre, du ruisseau et des buissons qui les séparent. C'est absolument nécessaire : Dagobert, mâle entier, pourrait attaquer le petit, après la naissance. Mais pour l'instant, Quenotte est encore seule dans le pré, et passe sa journée, mélancolique et grosse, à regarder son mâle à travers les feuilles. Quand le petit sera là, nul doute qu'elle en sera distraite, mais en attendant, immobile (elle est lourde au point de creuser le dos) et ruminante, elle contemple les oreilles noires qui se tournent vers elle, depuis le pré du haut...
Le ventre blanc de Quenotte est bien rond, tendu, les trayons ne sont pas encore descendus mais les mamelles sont déjà dures : c'est pour très bientôt. Clopin a décidé qu'il ne dormirait plus, le temps de la mise bas. D'abord, c'est le premier petit de notre jeune ânesse. Ensuite, il veut "couvrir l'événement" - qui en vaut bien d'autres, et de plus futiles, dans la marche du monde.
Nanette, la douce ânesse du Cotentin, morte l'hiver dernier, faisait toujours ses petits à l'aube, un peu à l'écart, le long des haies. Nous n'étions jamais là, du coup, mais elle avait confiance en nous au point de pousser, du chanfrein, son petit vers nous, quand nous arrivions enfin dans le pré. Quenotte, plus nerveuse, plus jeune aussi, adoptera-t-elle la même attitude ?
En tout cas, tout semble prêt pour l'arrivée du petit - On se croirait dans une salle de concert, quand les spectateurs finissent d'arriver, qu'une sorte de brouhaha heureux emplit les allées et que les musiciens s'accordent. Ici, ce sont les boutons d'or qui se pressent dans le pré vert, les feuilles des arbres, nouvelles-nées elles aussi, qui remuent et se penchent, et le ciel qui nuance son bleu...
On n'attend plus que toi, Feudon !
Clopine (pour donner des nouvelles à Lavande, qui en voulait)






