Clopineries

J'en suis encore à m'demander après tant et tant d'années à quoi ça sert de vivre et tout à quoi ça sert en bref d'êt'né F. Béranger

14 mai 2008

Je remercie tous les fidèles commentateurs...

la nouvelle est tombée sur les télescripteurs AFP (agence feudon publication). le petit est un mäle, et il s'appelle Utopy... avec un "y"... bon on ne maîtrise pas toujours tout, hein. J'avais voté pour UTRILLO, personnellement, mais...la démocratie... Foutu système, certes, mais c'est soit ça soit la dictature, alors.

Feudon ou Fedon : régionalisme normand (de tout le Nord, en fait), pour les ânons.

Je suis retournée le voir toute seule, au tout petit matin. N'est pas "Noir du Berry" pour rien, celui-là. Et absolument sans défiance, il vient mettre son museau au creux de votre main (avant que sa mère ne vienne s'interposer, pour lui apprendre à ne pas parler avec des inconnus, non mais)

Je suis contente d'avoir partagé mon feudon avec vous tous. C'est un peu de chaleur dans ce monde si réel, si virtuel, dans ce monde tout mélangé...

Clopine

Posté par ClopineT à 12:19 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [0] - Permalien [#]

13 mai 2008

FAIRE PART, s'il vous plaît...

Son père, Dagobert, Grand Noir du Berry

Sa mère, Quenotte de la Brande dite "la gracieuse",

Les petits et les grands des Ruisseaux,

Le chien Ti"Punch,

et le Reste du Monde,

SOUHAITENT LA BIENVENUE AU NOUVEL ANON , qui vient d'arriver, il y a une heure et quart, sur cette planète

DSC_4115

et qui tient déjà sur des pattes si fines, si fines, que le chien en est proprement épaté

DSC_4116

BIENVENUE à toi, Mon Feudon !

(bon, pour l'instant, on ne sait pas encore trop s'il est masculin, ou féminin (je parie pour une petite ânesse, personnellement, à cause de la finesse de son museau et de la délicatesse exquise de ses oreilles...) Sa mère aurait comme une tendance à le protéger, en refusant toute approche trop directe, qui pemettrait de vérifier les choses.... Mais il est  si beau, je la comprends parfaitement...

Qui sera  sa marrraine ? Il y a  cinq ans déjà ,un certain PAPOU aux oreilles adaptées à l'écoute de  Radio France Culture  avait eu la chance d'avoir la délicieuse Françoise Treussard comme Marraine d'âne... Si j'avais  l' adresse de son Papa,  je proposerais bien à  la petite  Agathe Chevillard de jouer ici ce rôle  : le feudon et elle sont strictement contemporains, et voici qui console d'un monde empli de Nisard ou autres Jardin, n'est-ce pas ?

Reste encore, bien entendu, à baptiser ce petit, ou cette petite : un nom en U, s'il vous plaît, comme un henissement joyeux : un  cri d'allégresse !   

allez,une dernière, pour la route. Puisse-t-il vivre en paix, cet ânon, qu'on lui évite les mauvais traitements et les courses imbéciles où des ordres contradictoires pleuvent, que personne ne se moque de la longueur de ses  oreilles ou de son cri braillard - bref, que les fées des ânes se penchent sur son berceau si vert : le pré-du-bas !

DSC_4108

Posté par ClopineT à 16:45 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [7] - Permalien [#]

et s'en vint dans l'autre...

Les ânes se font face à face, au-dessus de la clotûre, du ruisseau et des buissons qui les séparent. C'est absolument nécessaire :  Dagobert, mâle entier, pourrait attaquer le petit, après la naissance. Mais pour l'instant, Quenotte est encore seule dans le pré, et passe sa journée, mélancolique et grosse, à regarder son mâle à travers les feuilles. Quand le petit sera là, nul doute qu'elle en sera distraite, mais en attendant, immobile (elle est lourde au point de creuser le dos) et ruminante, elle contemple les oreilles noires qui se tournent vers elle, depuis le pré du haut...

Le ventre blanc de Quenotte est bien rond, tendu, les trayons ne sont pas encore descendus mais les mamelles sont déjà  dures : c'est pour très bientôt. Clopin a décidé qu'il ne dormirait plus, le temps de la mise bas. D'abord, c'est  le premier petit de notre jeune ânesse. Ensuite, il veut "couvrir l'événement" - qui en vaut bien d'autres, et de plus futiles, dans la marche du monde.

Nanette, la douce ânesse du Cotentin, morte l'hiver dernier, faisait toujours ses petits à l'aube, un peu à l'écart, le long des haies. Nous n'étions jamais là, du coup, mais elle avait confiance en nous au point de pousser, du chanfrein, son petit vers nous, quand nous arrivions enfin dans le pré. Quenotte, plus nerveuse, plus jeune aussi, adoptera-t-elle la  même attitude ?

En tout cas, tout semble prêt pour l'arrivée du petit - On se croirait dans une salle de concert, quand les spectateurs finissent d'arriver, qu'une sorte de brouhaha heureux emplit les allées et que les musiciens s'accordent. Ici, ce sont les boutons d'or qui se pressent dans le pré vert, les feuilles des arbres, nouvelles-nées elles aussi, qui remuent et se penchent, et le ciel qui nuance son bleu...

On n'attend plus que toi, Feudon !

Clopine (pour donner des nouvelles à Lavande, qui en voulait) 

Posté par ClopineT à 10:04 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [2] - Permalien [#]

05 décembre 2007

Aneries

Toujours sous le coup du film "le promeneur du Champ de Mars", je me souviens des deux ânes qu'on voit Mitterrand nourrir, dans la séquence promotionnelle  "je suis un paysan français". Me voici donc un point commun avec le défunt. Les ânes ont-ils survécu ?

Les miens, en tout cas, me saluent de braiements un peu poussifs, le matin. IL faut dire que la nuit (car mon "matin" est désormais nocturne)  est noire, mouillée, bruyante. Pas envie de m'attarder. Eux sont au pré, toute la journée, les sabots boueux.

Les ânes ont parcouru le même chemin que l'homme. Nés en Afrique, buvant peu, résistants au sec, à la chaleur, aux cailloux des chemins, ils se sont répandus comme lui,  l'ont suivi jusqu'aux nords bourbeux. Les voici  dans la glaise, et sous l'eau : pauvres ânes...

Tout le monde n'éprouve pas  la même  compassion pour "les bourriques". La semaine dernière,  deux clients marocains venus retenir des moutons pour l'aïd ont expliqué à l'homme la bonne manière de faire : une étable ? Fi donc ! Pourquoi pas un palais ! Non, l'âne est né pour se contenter de (très) peu et  obéir à la baguette. Un bourricot, on tape dessus, voilà tout... J'ai du mal à ne pas tressaillir, quand j'entends s'exprimer de telles convictions. Parce que l'âne sert les pauvres, parce qu'il est associé à la terre, parce qu'il est robuste, docile et patient, à lui les mauvais traitements, la dérision, le mépris. Certes, un provocateur comme JC a pu le placer dans la crèche, (et en exclure le chien, ou le chat), et entrer dans Jérusalem, sous la gloire des palmes abaissées, assis sur "une ânesse suitée". Quoi de plus normal, après tout  : les qualités de l'âne ne ressemblent-elles pas, point à point, aux vertus que l'on demande aux chrétiens ? Sauf que ceux-ci, en échange, reçoivent une promesse de vie éternelle. L'âne, lui, ne deviendra qu'une carcasse abandonnée. (Il faudrait militer pour que l'âne entre au paradis : mais que fait Luce Lapin? :>))

Mais malgré ma compassion, ce n'est pas moi, mais l'homme qui porte quotidiennement le soin aux bêtes. Pourtant,  Quenotte, l'ânesse qui attend un petit pour ce printemps, ne lui en est pas reconnaissante, et se montre farouche avec lui, alors qu'elle accepte mes caresses... Mais comment lui en vouloir de cette peur instinctive, si, depuis des siècles de cohabitation, l'homme n'est synonyme que  de dureté et de mépris ? IL nous faudra de la patience pour établir avec elle  le pacte de confiance que nous signons avec nos bêtes.

J'ai hâte, encore plus que les autres années, de passer les mois noirs, d'arriver aux verts tendres des mois  de mai, de juin. Le petit de Quenotte sera là. Qu'au moins celui-là connaisse une main ouverte et caressante, des voix humaines amicales et bienveillantes, et qu'il ignore à tout jamais le poing levé et l'injure sous le coup...

Clopine Trouillefou

Posté par ClopineT à 10:31 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [2] - Permalien [#]

06 novembre 2007

Rêves de Chat

J'ai rêvé de chats. Je devais leur apprendre à nager, sinon ils allaient se noyer. J'avais une sorte de combinaison jaune électrique, style James Bondgirl, un pistolet à chats  à ma ceinture,  en cas de révolte féline.   J'étais debout à l'arrière d'un yacht sarkozyste, tout blanc, qui se balançait sur l'eau, pas toute bleue puisqu'il y  avait du vert dedans : les yeux des chats, émeraudes fixes dans les reflets bleus remuants. Ils  me regardaient par en-dessous, eux dans l'eau, en demi-cercle, et moi sur le bateau. :  ... Certains  chats portaient des petites bouées, avec des souris grises et noires dessinées. L'un d'entre eux, un angora, portait une bouée avec des canards dessinés dessus.

J'essayais de leur apprendre la brasse, mais c'était très difficile, car que faire de la queue ? Cette grave question m'a réveillée. Je ne sais pas combien d'entre eux s'en sont sortis. J'espère que l'angora, forcément plus lourd que les autres (tous ces poils mouillés) a réussi à comprendre comment faire la grenouille avec ses pattes arrières. Je ne donne pas cher de sa peau.

Je voudrais bien les retrouver ce soir, en me rendormant. Mais déjà que les chats réels obéissent peu, alors, des chats de rêve... Pourtant, je suis sûre qu'en ce moment même, sur un océan imaginaire, un marin à la vue perçante pourrait, en se penchant sur le plat-bord, apercevoir une ligne ténue de petites têtes rondes, à oreilles triangulaires, soutenues  de bouées à moitié immergées et les queues dressées bien haut au-dessus des vagues, avancer en ordre et en cadence. Sous l'eau, leurs pattes s'agitent dans des mouvement synchronisée. Ils retiennent leur respiration et ferment leurs yeux dorés. La côte est encore loin, mais ils ont la journée entière pour y arriver.

Si nous nous y retrouvons cette nuit, je leur apprendrai à monter sur les cocotiers. Courage, petits. Et gaffe aux requins.

Clopine

Posté par ClopineT à 09:45 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [2] - Permalien [#]

02 août 2007

J'achète une carriole.

Voilà comment ça s'est passé.

C'était en février dernier, j'étais seule avec les animaux, c'était sinistre. Quand je rentrais le soir du boulot, j'avais le coeur serré et les pieds humides dans les sabots en caoutchouc verdâtre. Ce n'était pas Dagobert (bon, plus la peine de le présenter celui-là, d'accord ?) qui allait me réconforter. IL traînait un mauvais rhume, restait comme un con sous la pluie, au beau milieu du pré, au lieu de se planquer dans l'étable. D'habitude,  l'eau  lui frise le poil en petits roudoudous assez gais. Là, c'était juste un âne trempé.

Et seul.

Les autres années, Nanette était vivante dans le pré,  n'est-ce pas,  avec les moutons, bien sûr.

Les moutons, c'est très con, mais ça se serre les uns contre les autres, et puis c'est obstinément là, si vous voyez ce que je veux dire. Question métaphysique, d'accord, c'est limité, mais si vous mettez un mouton en face d'une touffe d'herbe, ça devient limpide : vivre c'est brouter, point barre. Difficile de trouver plus solide conviction. Une telle simplicité réconforte.

Mais cet hiver, point de moutons dans le pré, ni d'ânesse,  juste une Clopine qui rentrait à la nuit et  se dépêchait de mettre le foin dans la mangeoire, le visage fermé et le moral dégoulinant. Alors Dagobert arrivait à pas lent, comme à regret, la tête bien basse et le souffle court. Un vieil âne poussif, en pleine dépression nerveuse.

Au tout début du  printemps, ça a été pire encore. A la première tentative pour l'atteler, l'âne a soufflé bas, a plié les genoux et s'est couché entre les brancards. L'homme et moi on s'est entre-regardés. On n'était pas fiers.

Ca a commencé à aller mieux au mois d'avril qui, faut-il vous le rappeler,  a été miraculeux cette année. Quenotte de la Brande, la nouvelle ânesse, est arrivée en direct du Berry . D'autre part, un contingent de bleus, jeunes moutons fringants, a été lâché dans le grand pré, et s'est mis immédiatement à la tâche, sans barguigner. broute broute broute. Dagobert relevait la tête, et sentait le vent...

On en a parlé un peu, une fois, deux fois, trois fois. ON le sait depuis des années : la carriole est trop lourde pour lui. C'est une voiture anglaise du début du siècle, très Charles Bovary, un médecin l'a sans doute utilisée pour aller dans les fermes brayonnes, distribuer la quinine et signer les actes de décès. Mais elle nécessite un cheval, et Dagobert a beau être costaud, il ne pèse que 500 kilos environ...

Quand les décisions sont prises, vous pouvez compter sur l'homme pour les appliquer. feuille de route, budget, plans de bataille et approche scientifique. Fin juillet c'était fait, nous l'avions, notre nouvelle carriole. Un peu chère pour nous, certes (2000 euros), mais, sans rire, un bijou. Et puis légère, n'est-ce pas, des roues d'un mètre trente seulement, et équilibrée faut voir comme : la quintessence de la carriole à âne, quoi.

Dagobert va être content : j'achète une carriole...

Seul bémol : le propriétaire précédent, un habitué des concours d'élégance équine, l'a bichonnée au point de la rendre luxueuse. Bois verni, fers rutilants, capote doublée, oui Madame, je répète : capote doublée, brancards légers comme de la plume, c'est presque trop beau pour nous trois, je veux dire l'homme, l'âne et moi. J'ai donc dû mettre mon veto : la carriole (l'ancien propriétaire la baptisait "calèche") est un demi-tonneau bien conçu pour trimbaler des enfants. Je ne veux donc aucune remarque si une trace de glace au chocolat aboutit malencontreusement sur le doublage calicoté de la capote. Et pas un mot si une chaussure légèrement boueuse (faut tout prévoir cet été) laisse son empreinte sur le plancher verni. Je ne vais pas dans les concours moi, je trotte dans le bocage brayon, nuance !

A cette seule condition, j'ai craqué pour la merveille, qui arrive aujourd'hui...

Dagobert, mon grand, tu vas pouvoir frimer devant la Quenotte, c'est moi qui te le dis...

les photos suivent !

Clopine

Posté par ClopineT à 11:05 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [0] - Permalien [#]

05 juillet 2007

Dagobert en vacances

Dagoblog1

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog3_4

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog5_6

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog7_8

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog9_10

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog11_12

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog13_14

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog15_16

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog17_18

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog19_20

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog21_22

_Users_jeanyves_Documents_Blog_Clopine_Dagoblog_Dagoblog24
 

Posté par ClopineT à 20:14 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [1] - Permalien [#]

11 juin 2007

Attila le Barbare

Quand il est arrivé, j'ai pris les sévères mesures qui s'imposaient. Je l'ai emporté sur la chaise longue, dans le jardin, et je lui ai parlé gravement, lui sur mes genoux et m'écoutant.

"- Mon cher petit chat, tu as beau peser dans les 200 grammes et être encore tout petit, il convient cependant que tu m'écoutes. Certes, ton prédecesseur, le chat Didon, était un être extraordinaire. Mais justement. Je souhaite vivement que cette maison retrouve un peu de normalité animalière, comprends-tu ? je n'en peux plus de ces chiens à la tendresse de jeune fille, de ce canard qui se prend pour une oie, de ces poules qui font grève sur le tas en arrêtant de pondre pendant des jours, des souris si peu peureuses qu'elles viennent nous bécoter sur nos oreillers. Je veux de l'ordre, et qu'on arrête les fantaisies...."

A ces mots, le petit chat s'étendit encore un peu plus sur mes genoux, se renversa en arrière et m'offrit sa gorge blanche et douce, tout en émettant un ronronnement bien sonore pour un aussi petit corps... Je m'émerveillai des coussinets roses et doux comme du velours, sous les petites pattes, et je caressai presque machinalement le poil soyeux...

Mais  je me repris et continuai fermement. "Donc, j'entends que tu  ne sois pas un phénomène, mais bien un chat basique. Du commun.  De l'ordinaire. Du prévisible , quoi. Pas question de développer une mélomanie en entendant la trompette jazz de Chat Baker, ni d'être d'une patience d'ange avec les enfants quand ils te tripotent, ni de nous envelopper d'une bienveillance mêlée d'un poil de commisération, ni d'être d'une douceur exagérée avec les souris et autres. Tu es un chat, c'est tout. Tu te faufiles, rentres et sors discrètement, tu te trouves, le jour,  un coin obscur et confortable pour tes siestes, et la nuit tu rôdes,  tu me surveilles quand je sors le rôti du frigo et tu ne t'autorises que des huit entre mes jambes, pas d'extases langoureuses, ok ? Quant au chien, tu ne l'apprécies guère et gardes une distance respectueuse. Par contre, massacre de souris tant que tu voudras, je t'autorise même une pointe de cruauté, et puis les qualités propres à ta nature : égoïsme, autonomie et sentiment de supériorité...Ah, et puis, ne t'attends pas à être appelé Domino ou Joliminet, hein. Tu vis à la campagne, mon vieux, tu seras donc un chat de campagne, chatonnant et cruel (et là le chaton ouvrit grand la bouche et j'aperçus les petites dents blanches, aigues et pointues, mais  encore minuscules, qui se détachaient sur la tendre roseur du palais..;) donc, attends un peu... Oui, "Attila" te conviendra très bien..allons, exécution !"

Attila avait dû comprendre, parce qu'il sauta de mes genoux, fila vers la plate-bande et essaya d'attraper son premier papillon. J'étais contente d'avoir mis les choses au point...

Oui, mais voilà. J'aurais dû m'en douter : cela a commencé avec le chien, trop gentil.  "Distance respecteuse" ? Tu parles ! Le chaton venait s'étaler entre les grandes pattes du chien, lui suçotant l'aisselle, pendant que Ti'punch, héroîque, restait immobile . Il allait jusqu'à lui céder son panier, et supportait le froid du carrelage, pendant que l'autre, voluptueux, s'étendait sur la couverture, et le gros chien  montait la garde pendant le sommeil du petit chat.

Et puis voilà, hier, l'homme m'appelle à témoin pendant qu'il photographie, comme autant de preuves accablantes, la scène du délit. Eh oui, étendu sur la tonne à charbon, sous la chaleur du soleil, Attila, hélas ! Attila le chat, ce gros Barbare, mâchouillait volupteusement les pétales d'une rose rose, en s'enivrant de son parfum...

Une rose ! Un chat de base, aimer les roses !!!!!

Encore raté, caramba.

Clopine, et d'ailleurs, les photos sont là. Accablantes, n'est-il pas ?

Posté par ClopineT à 11:59 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [4] - Permalien [#]

08 juin 2007

Ti'Punch, chien à câlins

Bon. Il faut se rendre à l’évidence : nous n’aurons jamais de chien de ferme, comme on l’entend par ici, c’est-à-dire soit la pauvre créature hargneuse, s’étranglant à aboyer au bout d’une chaîne dès que quelqu’un pénètre dans la cour, soit, en version plus aimable mais faut pas s’y fier de trop près, en version « près de son maître », chien ne quittant pas d’une semelle le patron et n’accordant qu’une vague indifférence  au reste du monde.

Quant à avoir un chien à  moutons, il faut y renoncer aussi. Julot, notre aristocratique border-colley, avait beau descendre directement des premiers prédateurs, les loups donc, il ne faisait que fixer ses yeux jaunes sur les moutons, plein d’appréhension, et semblait à jamais incapable de les affronter. Ti’Punch, notre nouveau chien, un croisé border-labrador, développe certes un peu plus d’agressivité (grâce à moi, qui ai voulu l’habituer tout petit pour éviter l’échec julotien) . Mais à y regarder de plus près, il s’agit surtout, pour lui, de courir à fond de train, de tourner autour du troupeau en battant de la queue, de croire que si les moutons se mettent eux aussi à courir c’est juste pour jouer avec lui, de provoquer la brebis en charge du maintien de l’ordre et de revenir, quand cela lui chante, avec la langue rose et pendante de deux bons tiers, l’air étonné : « Comment ça vous m’appelez depuis un quart d’heure ? Comment ça je ne dois pas faire courir les bêtes ? Mais je n’ai rien compris, moi.. De toute manière je ne peux pas penser à tout et être partout, parce que je n’ai que quatre pattes.. »

Bref, oublions.

N’empêche que Ti’Punch, comme Julot avant lui, est un grand chien qu’il convient de nourrir correctement. Mais là où Julot, sans un mot plus haut que l’autre, acceptait de bon cœur toutes les soupes qu’on lui servait, même celles où les nouilles à chien prévalaient sur les morceaux de viande, eh bien notre Ti’Punch, lui, chipote et fait souvent sa sucrée. Parfois, le matin, il rechigne à prendre le petit beurre que lui tend le gamin, ou bien, il le prend certes, mais si doucement, avec un tel regard en coin, qu’on comprend parfaitement que c’est bien pour nous faire plaisir…Oui, semble-t-il nous dire, la bouffe c’est une valeur  mais enfin il n’y a pas que ça dans la vie…Et puis c’est gentil, mais ce n’est pas une conversation …

Au début nous étions un peu inquiets : après avoir eu en Julot le chien de berger le plus peureux devant les moutons de tout l’ouest, avions-nous choisi un chien anorexique ? Ce serait bien notre veine, ça. Et nous palpions ses côtes, avec appréhension, n’était-il pas trop maigre ? Nous lui sélectionnions les morceaux de viande, et nous nous grattions la tête, perplexes, devant la gamelle d’où tous les bons morceaux avaient été délicatement retirés du bout des babines, et où ne restaient plus que les nouilles, absolument intactes…Le vétérinaire, un homme raisonnable, mit fin à notre perplexité, au hasard d’une visite. Il caressa le chien, le posa sur la balance et, se retournant vers nos mines inquiètes, déclara d’une voix forte que ce chien avait un poids idéal et qu’il mangeait à sa convenance, et selon ses besoins, et que s’il ne mangeait pas de nouilles, c’est qu’il n’aimait pas ça et qu’"on" lui laissait le choix, - ce qui démontrait une fois de plus la faiblesse coupable des propriétaires de chien, n’est-ce pas (et avec leurs mioches c’est tout pareil ! ) . . Dieu ayant parlé, le monde continua donc de tourner.

Cependant, cependant, Ti’Punch, surnommé Poids Idéal, ou encore Ponchon ou enfin

La Grosse Louve

, n’est quand même pas un fou de la gamelle. S’il ne mange pas, s’ il n’a rien compris à l’élevage des moutons, s’il n’aboie pas pour donner l’alerte, à quoi donc ce chien sert-il , je vous le demande un peu ?

Vous l’avez deviné : c’est juste un chien à câlins. Dès qu’il voit une silhouette se dessiner au plus loin du jardin c’est plus fort que  lui : il se précipite, frétille de tout son corps, ouvre grand des yeux pleins d’amour et avance une tête quémandeuse. Il peut, sur simple injonction, se coucher sur le dos et offrir le ventre, le cou et tout l’attirail qui fait de lui, sans contrefaçon, un garçon. Il n’a aucune peur des êtres humains, au contraire, il peut rester des heures transi d’amour. Et parfois, quand la main et la voix s’accordent pour le caresser, il ferme à demi les yeux, s’immobilise, pousse un long soupir et émet deux petits « schlips » de la langue, en signe de nirvana absolu…

Et ce pour tout le monde, n’est-ce pas. Du facteur au voisin, de nous, ses maîtres officiels, aux petites filles en visite, Ti’Punch ne cherche, ne vibre, ne vit que par les câlins…

Il faut bien qu’on se résigne, voyez-vous, à  posséder, et sans rien faire pour cela, les chiens les plus gentils du monde…

Clopine, qui vous avoue pourtant tout bas que parfois, il lui fait un tout petit peu honte, quoi...

Posté par ClopineT à 16:36 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [1] - Permalien [#]

06 juin 2007

âneries

La fêtes des ânes d'AUX MARAIS (je préfère évidemment son nom antérieur : Saint Martin le Noeud, qu'on pouvait légitimement classer aux côtés de Montcuq et de Monsalvy) est en passe de devenir la plus importante de France, surclassant de beaucoup la foire de Lignères-en-Berry, son aïeule.

Lignères a eu le mérite de participer au "revival" de l'âne, et c'est sans doute grâce à son succès que six ou sept races d'ânes se sont vues homologuéees. Mais ce n'était pourtant qu'une foire commerciale, achat et vente, et elle a beaucoup perdu de sa pertinence ces dernières années. Disons que les amateurs d'ânes y étaient bien attendus par des Berrichons, au coin de leurs bois n'est-ce pas.

Aux Marais, c'est autre chose. D'abord, l'âne est prétexte à une fête villageoise telle qu'on peut en trouver dans tout le nord de la France. Fête foraine  : les organisateurs ont eu la bonne idée de localiser les manèges et leurs musiques clinquantes à l'écart de la foire aux ânes proprement dite, ce qui permet aux enfants des familles du coin, qui n'accordent aux ânes qu'un intérêt voisin de cinq  minutes, de se retrouver une barbe à papa à la main et tournant sur un scooter, sans gêner ni les animaux ni les amateurs. De plus, au-delà du "marché', il s'agit d'une fête avec attractions diverses : costumes "traditionnels", groupes "folkloriques" -ce n'est pas ma tasse de thé mais il y avait aux Marais un groupe du Berry avec une vielle, ce qui change de l'accordéon et du petit quinquin - , buvettes et anciens jeux collectifs, en bois. Du coup, le public, très populaire, y trouve son compte.

Les ânes aussi, au coeur de la journée, bien sûr, mais pour une fois estimés et reconnus plutôt que méprisés et moqués. Symboles d'une vie paysanne disparue, dociles et patients, ils sont, Aux Marais, très bien traités. A l'ombre d'une double rangée de tilleuls sur un mail carré, sans boucan excessif autour d'eux ni brutalité, ils subissent avec patience les caresses des petits et les exclamations des grands.

le populo qui se presse là ne sait sans doute pas vraiment faire la différence entre un baudet du Poitou, un normand à croix de saint -andré, une  mule (produit d'un âne et d'une  jument) ou un  bardeau (l'inverse, beaucoup plus rare). il ne discerne sans doute pas non plus le bel attelage ancien de la plus récente carriole à quatre roues, le bât savoyard du bât commun. Mais il fait son miel de la journée, surtout sous un ciel comme celui de dimanche dernier. et il est nombreux ! Plus de quinze mille personnes qui déambulent dans le village entièrement piétonnier. Et les participants, côté ânes, viennent de partout. Du Berry bien sûr mais de Savoie, de Belgique ou de Bretagne..

Les cafés du coin ne rendaient d'ailleurs plus la monnaie dès 16 heures, et les stands de tee-shirts ou gadgets étaient proprement dévalisés. J'espère de tout coeur que ce succès ne va pas dénaturer l'entreprise. C'est un équilibre délicat, et l'authenticité de l'âne ne fait pas bon ménage avec le commerce passe-partout des kermesses du nord.

En tout cas, nous, nous avons vraiment bien aimé la journée. Nous étions accompagnés d'amis alsaciens rencontrés l'année dernière, et nous avons retrouvé sur place un copain anglais. Entre l'accent picard, brayon, anglais et  alsacien, il y avait  quoi braire d'allégresse !

Voici donc Dagobert avec Patrick d'Alsace, et Peter au bonnet d'âne :

DSC_1898

DSC_1938

Posté par ClopineT à 11:25 - Petites histoires d'Animaux - Commentaires [3] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »