Clopineries

J'en suis encore à m'demander après tant et tant d'années à quoi ça sert de vivre et tout à quoi ça sert en bref d'êt'né F. Béranger

09 juin 2008

Aise et Malaise de la Correspondance...

Je viens de finir le premier tome de la Correspondance de Gustave Flaubert. Bien entendu, j'ai eu envie de cocher une phrase à chaque page, ou presque. Spécialement quand Gustave parle de littérature, et encore plus précisément quand il parle de sa manière d'écrire à lui. C'est peu de dire que les aperçus de Gustave sont lumineux. Je ne sais si Louise Collet (qui m'agace un peu, et ses quelques lettres retrancristes là ne me la rendent pas plus sympathique) comprenait bien ce qu'elle lisait là...

Je suis bien aise, donc, de cette lecture, et mon seul souci est le prix des quatres tomes suivants. Je ne sais ce qui me retient de faire chauffer ma carte bleue....

En fait, je le sais. C'est le bruit d'une fermeture éclair - que je vous explique : ce matin, j'ai fermé un blouson grâce à sa fermeture Eclair (antonomase ? Eclair n'est pas un nom propre... bref. ) Et d'un seul coup, ce bruit particulier m'a transportée au bord d'une rivière, le soir, avec une lampe bleue qui se balance à une branche, des pêches dans une coupe et la chaleur qui descend doucement. Tout ça dans une fermeture éclair ? Eh oui, tant ce bruit, celui des sacs à dos qu'on ouvre ou qu'on ferme, des toiles de tente, des cirés qu'on enfile en cas d'orage, des sacs de couchage et des pochettes où l'on enferme les papiers d'identité et les plans d'accès aux maisons des copains, tant ce bruit est "vacancier"... Ziiiiip... j'en ai eu comme l'eau qui montait à la bouche, et j'entends bien garder un peu de sous pour profiter du Sud, de l'Eté, et des terrasses nonchalantes d'où l'on écrit les cartes postales...

Donc, différons notre achat, Gustave attendra. Je sais qu'il est là, c'est l'essentiel. D'autant qu'à travers ses pérégrinations, c'est encore un peu de vacances de prises !

Mais il y a quand même, dans cette sublime correspondance, des lettres qui me chatouillent un peu. Qui provoquent comme un malaise. Ce sont celles à Louis Bouilhet, le correspondant avec lequel Gustave se "lâche" le plus et décrit, avec une certaine ostentation et un vocabulaire de carabin, ses "exploits" sexuels. Tristes exploits, et visites de bordels "exotiques" qui n'éveillent chez moi qu'une certaine répulsion. Par exemple  le passage où Gustave, ne voulant pas laisser voir "une vilaine induration à la base du gland" à la prostituée qui veut vérifier (on la comprend) la bonne santé de son client, joue la grande scène du deux,et se drape dans le bon droit du client outragé . Tout ceci est sordide,et, même en le "replaçant dans le contexte" du 19è siècle, accablant pour l'auteur. J'en suis à me demander la part du vraisemblable de tout ceci. Flaubert n'exagère-t-il pas, ne grossit-il pas ses "aventures" dérisoires, et la crudité de sa narration n'est-elle pas destinée à "épater" son camarade - regarde comme je suis grossier, comme on ne me la fait pas, comme je profite, et "tire mon coup" dès que je le peux, en y mettant le prix. (je crois qu'un Paul edel pourrait m'accuser de sensiblerie, là, mais en fait je n'arrive pas à justifier la prostitution, non le plus vieux "métier" du monde, mais la plus vieille "exploitation", ça oui.)

A cette nuance près, cette correspondance se lit comme on boit du petit lait. En fait, le mieux serait de concilier l'appel des vacances et le plaisir littéraire. Il suffit de rajouter, dans le tableau qui me monte aux yeux quand je pense "vacances", une chaise toilée, un verre de jus de mangue et le tome suivant de la Correspondance...

Posté par ClopineT à 12:03 - Ah mon dieu que la vie est quotidienne - Commentaires [57] - Permalien [#]

Commentaires

Moi ça ne me choque pas. Tout le monde ne s'appelle pas Poulain De la Barre mon petit :o)

Posté par Loïs de Murphy, 09 juin 2008 à 14:39

M.rde, je l'ai écrit comme Poulain de la barre de chocolat :o)
François Poullain de la Barre bien sûr :o)

Posté par Loïs de Murphy, 09 juin 2008 à 14:41

Mal barrées ?

Il existe aussi, à mon panthéon perso à moi, le Chevalier de la Barre, qui fut occis parce qu'il avait refusé d'enlever son chapeau au passage d'une procession religieuse. Et qu'en prime, il avait un ouvrage de Voltaire chez lui. Qu'on lui coupe la tête ! Avait réclamé la reine de coeur de ce temps-là.

Votre Poul(L) ain à vous n''est pas si "net" que cela. Wikipédia m'apprend qu'il a lui même réfuté ses propres arguments... Ca me rappelle la scène dans Ridicule où l'abbé, emporté par sa verve, dit le mot de trop et précipite ainsi sa chute auprès du roi.

En tout cas, Lois, il est un phénomène constant chez moi. C'est que j'éprouve la plus grande empathie pour les prostituées, et la plus grande répugnance pour leurs clients. Après tout, Flaubert pouvait avoir accès aux vies de Condorcet ou de Malebranche, par exemple. Il n'était pas obligé de se ruer dans les lupanars pour affirmer sa supériorité sur la morale bourgeoise (si c'est bien de cela qu'il s'agit).

Vous allez me parler de "Belle de Jour", ou des fantasmes d'une Catherine Millet. Certes, certes, mais personnellement, faire la pute en me tapant une trentaine de types inconnus à l'arrière d'une camionnette et à même la tôle, ça ne m'a jamais titillé la libido. Mais je n'aurais garde d'en dégoûter les autres, bien sûr. Tant qu'il s'agit d'adultes libres et consentants, et non de victimes résignées à leur sort...

Posté par clopine, 09 juin 2008 à 16:16

de tout temps...

... les garçons entre eux... cette correspondance ne devait pas être publiée et d'ailleurs il manque énormément de lettres à ses amis détruites par eux-mêmes après sa mort... le bordel était le passage obligé d'un garçon dans un siècle où les femmes "bien" ne couchaient pas (on est loin du libertinage du 18e)... il faut lire Alain Corbin... et ne jamais oublier que Flaubert est fils de chirurgien...

Je crois que vous venez parfois à Paris : sur les quais certains bouquinistes du côté du Quai des Grands Augustins sont spécialisés dans les Pléiade d'accasion (état neuf prix souvent divisés par 2 pour les livres non épuisés)

Posté par linaigrette, 09 juin 2008 à 17:41

zzzzzzzzzzzzip !

Si je comprends bien Dame Clopine votre madeleine c'est une fermeture Eclair. C'est pas si éloigné que ça de notre ami Gustave cette madeleine là, bien qu'en son temps, évidemment, l'homme se boutonnât plutôt et se déboutonnât, pardi, même( et surtout?) par temps d'orage.

amications openatnightes
dB

Posté par di Brazza, 09 juin 2008 à 22:37

Flaubert et la fermeture éclair... Un bon titre, en fait!

En lisant ce billet quelques souvenirs de vacances à Royan -caravanes, cabanon cuisine, tentes et douche de fortune au milieu de la rue des Mouettes et de ses villas- me sont revenus... Merci Clopine!

Posté par EmmaBovary, 10 juin 2008 à 00:02

Linaigrette, bienvenue !

merci de repasser par ici, et merci de vos conseils (mais hélas, je ne vais à Paris qu'une fois par an, maximum, et souvent en plein hiver. les bouquinistes sont-il ouverts à cette saison-là ?

allez je vous avoue tout. j'ai craqué, j'ai déjà acheté le tome 2. Chuuuuuuttttt....

Pour le contexte social : oui, oui, bien sûr, le splendide 19è siècle possédait, et pas qu'un peu, ses suburres... pour autant, ce qui me choque le plus, c'est la complaisance des récits à Bouilhet. C'est cela que je voudrais interroger. Pseudo amitié virile fondée sur le mépris des femmes, une sorte d'équivalent des vestiaires du foot ? L'intelligence de Flaubert éclate à chaque page de la Correspondance, et j'ai du mal à modérer mes admirations. Donc, cela me fait de la peine de le voir se complaire à de telles rodomontades. peut-être est-ce la figure de Louis Bouilhet qu'il conviendrait d'interroger ?

merci à vous, en tout cas, la porte des clopineries vous est grande ouverte...

Clo

Posté par Clopine, 10 juin 2008 à 09:17

OUI, Di Brazza

Comme d'hab, vous tombez juste. J'y pensais en écrivant, (cela a tout de la réminiscence) et je suis bien aise que vous l'ayez repérée, mon clin d'oeil...

bonne journée à vous

Clo

Posté par Clopine, 10 juin 2008 à 09:19

EmmaBovary, bien entendu, vous voilà...

Vous n'êtes jamais bien loin derrière Gustave, n'est-ce pas ?

j'en profite pour, subodorant derrière votre pseudo une passion flaubertienne, vous interroger. Connaissez-vous ce Louis Bouilhet auquel Gustave écrit ? Qui était-il ?

(j'espère secrètement, je viens de l'écrire plus haut, que la complaisance des lettres de Flaubert lui soit imputable à lui, n'est-ce pas...)

très bonne journée à vous

Clo

Posté par Clopine, 10 juin 2008 à 09:21

Louis Bouilhet

... j'ai déjà dit qu'il ne fallait pas oublier que Flaubert est fils (et frère) de chirurgien... Bouilhet était médecin aussi... Flaubert a habité l'hôpital de Rouen et très tôt il a vu sans répugnance des autopsies et rien de l'anatomie ne lui était étranger... par ailleurs je suis étonnée de votre étonnement : les débordements en salle de garde ont de toujours été la règle (moins maintenant), on invitait il n'y a pas si longtemps (à peine 20 ans) des prostituées ou des filles réputées "faciles" dans ces salles de garde lors de "tonus" où l'alcool et le foutre coulaient à flots... et tout bon médecin qui dans "le monde" a une posture BCBG a un côté Mister Hyde des plus salaces!

Dans une correspondance entre gars tout cela ressort... et Flaubert et Bouilhet sont des égaux à mon sens : nul besoin de se cacher pour appeler un chat une chatte... et puis Flaubert a toujours dit (écrit!) qu'il était double : amateur forcené de poésie et gueuleur (dans son "gueuloir" précurseur de ce que seront les gueuloirs du "cri primal" dans les années 70 [19..!]).

Vous semblez en vouloir à Gustave de sa complaisance mais il est très jeune dans ce 1er volume, il en est encore à se vanter... pourtant c'est à mots plutôt couverts qu'il fait part de ses expériences homosexuelles qui, sans aucun doute je pense, ont été beaucoup plus prolifiques que les quelques allusions dans son grand voyage en Egypte... sans doute le siècle où il vivait n'était pas prêt à se répandre sur ce sujet, ce qui exaspère le côté bordel-pute-chtouille...

Je crois qu'il faudra vous faire définitivement au fait qu'un individu, quel qu'il soit, a des côtés poétiques et des côtés crapoteux... et que lire une correspondance c'est regarder par le trou de la serrure... à voyeuse, voyeuse et demi : c'est ce que j'aime dans ces écrits, quand la bonde du savoir-vivre saute et que l'humain, le si humain apparaît... relisez Madame Bovary avec un autre oeil... comme le disait un soir Pierre Dumayet à une conservatrice de la BN devant le manuscrit du roman : au moment où les chevaux attachés dans le bois lors du fameux rendez-vous... Flaubert décrit le bois et Emma... et Dumayet demande à la conservatrice "à votre avis, est-ce ici qu'Emma jouit?"

Posté par linaigrette, 10 juin 2008 à 11:16

ça correspond à quoi, ces correspondances....

ce qui m'étonne dans les correspondances, c'est l'extrême richesse qui y est cachée au milieu des tickets de blanchissage. Comment découvrir la perle dans la botte de foin, et pourquoi G.F. l'y a-t-il cachée ?
Marguerite Yourcenar, dans ses carnets de notes sur les mémoires d'Hadrien, écrit : "retrouvé dans un volume de la correspondance de Flaubert, fort lu et fort souligné par moi vers 1927, la phrase inoubliable : "Les dieux n'étant plus, et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc-Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été". Je pense souvent à cette phrase fameuse dont je n'ai pas la référence exacte ; dois-je lire quatre Pléiade, tassées avec des histoires de cul d'intérêt moyen (?), pour la retrouver ? Y a-t-il une correspondance choisie, thématique de préférence ?

Posté par Jean-ollivier, 10 juin 2008 à 15:01

correspondance "choisie"

pour ma part je milite pour les Correspondances complètes quand c'est possible... lire une correspondance c'est entrer dans un siècle et dans une vie... les incongruités de GF dont se plaint Clopine ne concernent qu'une très infime minorité de sa correspondance... or tout (même ça qui me fait plutôt rire que m'indigner) est intéressant et varié et très écrit... quant à chercher une correspondance "thématique" le travail reste à faire et pour moi ce serait sans aucun intérêt! On prend tout ou on lit des essais sur Flaubert, ça ne manque pas!

Posté par linaigrette, 10 juin 2008 à 17:39

total'corresp

je suis d'accord avec linaigrette,
un de mes plus grands bonheurs a été de lire les lettres de Rimbaud, oui, même celles qu'il envoie à Bardet pour lui commander des produits ou râler sur ses affaires. Pas parce que je fait mon groupie (tjs un "e "?) mais parce que, dans ces petites choses, se révèle un homme et un écrivain, même après qu'il a arrêté d'écrire.
Pareil pour Baudelaire, avec ses lettres assassines aux éditeurs, avec sa mère.
Un écrivain ne se coupe pas en petits morceaux; à chaque âge de sa vie, telles correspondances. Important de ne pas trier.

Posté par jibé, 10 juin 2008 à 18:53

Linaigrette !

juste ce mot pour toi :
LINAIGRETTE !
ELLE est venue elle t'as élue , veinarde , Clopine !
ELLE est pour moi la référence , Linaigrette , alors je ne vais certainement pas lui tirer mon irrévérence ;
si seulement ELLE pouvait pondre une petite com' chez moi mais je rêve , moi le malotru , le mâle entendu !
Sissi !
on est mieux là que chez Assou border line , non ?
( chez Cultu aussi )

sinon je me presse , vite là !

Posté par Cactus, 10 juin 2008 à 22:01

séki Brazza ?

quelqu'un de la ville d'après Léon , dis !
Sissi !
et à bientôt si on me prête un peu plus de vie mais m'habite le doute subi là !

Posté par Cactus, 10 juin 2008 à 22:03

@Clopine

Nous partageons le même point de vue sur l'esclavage sexuel et sa clientèle, ma chère. Quand j'entends "infirmière du sexe pour homme en détresse" j'ai des pulsions très agressives :o)
Les écrits féministes et son choix d'une compagne intellectuelle vu le contexte de l'époque me suffisent amplement.
(J'espère que vous ne croyez pas tout ce que dit Wiki en général ? Je partage l'avis de Passou pour ça :o)

Posté par Loïs de Murphy, 11 juin 2008 à 07:52

Je n'aime pas les fermetures éclair qui font un bruit de tonnerre et d'orage!!
( Comprenne qui peut.)
Amicalement,
H.Z

Posté par Henri Zerdoun, 11 juin 2008 à 09:22

Alice (fout le) camp! (@ Cactus)

@ CACTUS

Dans Arles, où sont les Alyscamps,
Quand l'ombre est rouge, sous les roses,
Et clair le temps,
Prends garde à la douceur des choses...
(J.P.Toulet)

Vos photos sont superbes. Mais pourquoi, tudieu pourquoi n'y a-t-il pas la possibilté de regarder tout ça en diaporama? ça existe pas le diaporama chez télé Rahma?
Et pourquoi n'y a-t-il pas un petit bouton pour cliquer dessus et vous en dire tout le bien qu'on en pense directement chez vous? Hein, pourquoi?
J'étais en Arles moi aussi pour l'expo que vous visiphotographiates. Peut-être même s'y est-on croisés, mais alors comme le font les trains, sans se regarder, le regard fixé sur le prochain passage à niveau.

Qui c'est Di Brazza?
Di Brazza c'est l'Arjupègre. L'arabe, le juif, le pédé et le nègre. rien de plus, rien de moins.

amications siddarthates et sidérées( et sidérales, pourquoi pas?)

dB

Posté par di Brazza, 11 juin 2008 à 10:02

des photos

éphémères, effacées, remises à la rivière pour rendre à l'eau et à la lumière ce qu'un regard ne peut leur voler...Il en reste une dizaine sur un moteur de recherche, échouées...

Posté par christiane, 11 juin 2008 à 10:16

Linaigrette, bien entendu, il faut tout publier !

tant qu'à faire qu'à publier une correspondance, il faut le faire in extenso... D'autant que je suis, à ce sujet n'est-ce pas, complètement d'accord avec Yourcenar sur le côté "souligné". Je crois que c'est la première fois que j'ai envie, ainsi, à la lecture, de noter, souligner, retenir les phrases et les formules.

Je ne suis pas adepte des "citations" qui illustrent tel ou tel sujet. Soit redondantes, soit â côté, elles n'apportent souvent qu'un point de vue superfétatoires, et permettent, par pirouette, de ne pas s'avancer. Mais la Correspondance est pour moi un cas unique, parce que nous voyons sous nos yeux l'homme se faire, et que chaque phrase peut avoir un écho chez nous, précisément, pour nous, "en soi", quoi.

C'est véritablement un phénomène curieux, qui m'arrive pour ma part pour la première fois (j'ai pourtant lu les lettres de Van Gog à son frère Théo, par exemple, mais je n'avais pas ressenti cela). S'approprier Flaubert ainsi...

OUI, vous avez raison, les êtres ne sont pas que lumière, et Flaubert, avec son esprit et son ennui tenace, ses visites au bordel où la femme devient uniquement un objet, sa lucidité et sa mélancolie, a sa part d'ombre, que je ne peux rejeter au motif du "politiquement incorrect" : ce serait débile. Et puis les plus beaux poèmes de chair et de sang, de sensualité et de spleen, ceux de Baudelaire, ne sont-ils pas le fait d'un syphilitique qui l'avait bien attrapée quelque part, cette maladie, n'est-ce pas ?

bien à vous

Clopine

Posté par Clopine, 11 juin 2008 à 10:29

Au fait, merci pour Bouilhet, Linaigrette..;

j'ai oublié de vous remercier pour les détails sur Louis Bouilhet ; dommage que je ne puisse pas lui imputer les turpitudes de Gustave, mais je vais me faire une raison, savez-vous !

(est-ce que Louise Colet était au courant de ces pratiques ? )

Clo

Posté par Clopine, 11 juin 2008 à 10:30

jean Ollivier, PROMIS JURE

Je suis au début du parcours, je peux déjà vous dire que votre phrase n'est pas dans le tome 1 ; dès que je tombe dessus, je pense à vous, promis !

Sinon, lisez mon message à Linaigrette. Je trouve étonnant cette envie de noter, souligner, obèler, le texte de Flaubert. IL y a là tant et tant de formules (magiques ?) qu'on aurait envie d'appliquer pour soi, n'est-ce pas ?

bonne journée à vous

Clo

Posté par Clopine, 11 juin 2008 à 10:34

Jibé, sans trier, on peut ressentir, non ?

Je vous suis bien, Jibé, mais je suis incapable ne pas ressentir ce que je lis, surtout si je sais qu'il s'agit de la "réalité", d'une correspondance qui fait état de faits réels. En ce sens, sentant mon admiration pour Flaubert croître et grandir (il faudra que je recopie ici les passages qui m'ont le plus troublée) je voudrais tant ne rien avoir à lui "reprocher". Me l'approprier, c'est-à-dire m'imaginer qu'il est un pote à moi. Ce qui est légèrement contradictoire, même à travers l'espace et le temps, avec ses pratiques sexuelles, tout médecin qu'il ait pu être "dans sa tête"...

Condorcet, scientifique né deux cent ans plus tôt, n'a pas eu besoin du bordel pour être un homme, bon sang. Cette faiblesse-là de Flaubert, (même si elle lui donne un magnifique champ d'observation) me trouble bien plus que chez Marcel. Parce que Marcel Proust, inverti, n'avait pas accès au "grand air", était forcément, du fait de la contrainte sociale, caché, "honteux"...

Me voilà partie bien loin, bon je m'arrête et vous souhaite, Jibé, une bonne journée, avec visite à la RDL pourquoi pas ?

Votre

Clo

Posté par Clopine, 11 juin 2008 à 10:40

Jibé, sans trier, on peut ressentir, non ?

Je vous suis bien, Jibé, mais je suis incapable ne pas ressentir ce que je lis, surtout si je sais qu'il s'agit de la "réalité", d'une correspondance qui fait état de faits réels. En ce sens, sentant mon admiration pour Flaubert croître et grandir (il faudra que je recopie ici les passages qui m'ont le plus troublée) je voudrais tant ne rien avoir à lui "reprocher". Me l'approprier, c'est-à-dire m'imaginer qu'il est un pote à moi. Ce qui est légèrement contradictoire, même à travers l'espace et le temps, avec ses pratiques sexuelles, tout médecin qu'il ait pu être "dans sa tête"...

Condorcet, scientifique né deux cent ans plus tôt, n'a pas eu besoin du bordel pour être un homme, bon sang. Cette faiblesse-là de Flaubert, (même si elle lui donne un magnifique champ d'observation) me trouble bien plus que chez Marcel. Parce que Marcel Proust, inverti, n'avait pas accès au "grand air", était forcément, du fait de la contrainte sociale, caché, "honteux"...

Me voilà partie bien loin, bon je m'arrête et vous souhaite, Jibé, une bonne journée, avec visite à la RDL pourquoi pas ?

Votre

Clo

Posté par Clopine, 11 juin 2008 à 10:42

henri Zerdoun, une cure, vite !

Je crois que vous en avez peur, n'est-ce pas, des fermetures d'orage qui, dans un éclair, font péter le tonnerre.

:>))

Une seule solution : une petite cure de Brassens, au débotté...

"Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps
Le beau temps me dégoûte et me fait grincer les dents,
Le bel azur me met en rage,
Car le plus grand amour qui me fut donné sur terre
Je le dois au mauvais temps, je le dois à Jupiter,
Il me tomba d'un ciel d'orage.

Par un soir de novembre, à cheval sur les toits,
Un vrai tonnerre de Brest, avec des cris de putois,
Allumait ses feux d'artifice.
Bondissant de sa couche en costume de nuit,
Ma voisine affolée vint cogner à mon huis
En réclamant mes bons offices.

"Je suis seule et j'ai peur, ouvrez-moi, par pitié,
Mon époux vient de partir faire son dur métier,
Pauvre malheureux mercenaire,
Contraint de coucher dehors quand il fait mauvais temps,
Pour la bonne raison qu'il est représentant
D'une maison de paratonnerre."

En bénissant le nom de Benjamin Franklin,
Je l'ai mise en lieu sûr entre mes bras câlins,
Et puis l'amour a fait le reste!
Toi qui sèmes des paratonnerres à foison,
Que n'en as-tu planté sur ta propre maison?
Erreur on ne peut plus funeste.

Quand Jupiter alla se faire entendre ailleurs,
La belle, ayant enfin conjuré sa frayeur
Et recouvré tout son courage,
Rentra dans ses foyers faire sécher son mari
En me donnant rendez-vous les jours d'intempérie,
Rendez-vous au prochain orage.

A partir de ce jour je n'ai plus baissé les yeux,
J'ai consacré mon temps à contempler les cieux,
A regarder passer les nues,
A guetter les stratus, à lorgner les nimbus,
A faire les yeux doux aux moindres cumulus,
Mais elle n'est pas revenue.

Son bonhomme de mari avait tant fait d'affaires,
Tant vendu ce soir-là de petits bouts de fer,
Qu'il était devenu millionnaire
Et l'avait emmenée vers des cieux toujours bleus,
Des pays imbéciles où jamais il ne pleut,
Où l'on ne sait rien du tonnerre.

Dieu fasse que ma complainte aille, tambour battant,
Lui parler de la pluie, lui parler du gros temps
Auxquels on a tenu tête ensemble,
Lui conter qu'un certain coup de foudre assassin
Dans le mille de mon coeur a laissé le dessin
D'une petite fleur qui lui ressemble."

(je ne sais pas vous, mais bibi "ces pays imbéciles où jamais il ne pleut", ça m'achève comme vers !)

bien à vous

Clo

Posté par Clopine, 11 juin 2008 à 10:44

Merci................

"Ces pays imbéciles où jamais il ne pleut " est la phrase que je préfére ! Et, Brassens en bloc : rien à jeter !

Posté par gina, 11 juin 2008 à 11:17

bordel putes et compagnies

... je suis une très vieille féministe alors autant vous dire que le lupanar le claque le clandé ne font pas partie de mes fantasmes... seulement je fais partie de ces gens qui ne supportent pas qu'on récrive l'histoire... le 19e siècle, après le si pétillant 18e siècle (enfin, pas pour tout le monde), dans lequel vécut Condorcet, est le siècle qui verra s'épanouir la notion actuelle de bourgeoisie... et Flaubert a beau s'esbaudir des bourgeois (petit-bourgeois dirions-nous) qu'il rencontre au point de créer un personnage, il est lui-même ce que nous appellerions "un grand bourgeois"... alors cela va avec l'éducation sexuelle en maisons closes... ce serait sûrement choquant dans le siècle où nous sommes, mais c'est comme ça!

Clopine, Louis Collet est une artiste, maîtresse d'artiste, c'est une autre "catégorie" de femme... depuis le début de sa liaison avec Flaubert elle veut se faire épouser... d'où sa fuite à lui... rappelons qu'il est considéré par ses père et frère médecins comme un taré (l'épilepsie est avérée) et que lui-même a dû avoir quelques appréhensions sur son devenir... et pour tout vous avouer ce refus de fonder famille me le rend d'autant plus cher... mais rappelez-vous! quand Louise craint d'être enceinte il est prêt à assumer même s'il préfèrerait lui offrir un voyage en "angélie"... Louise Collet sait tout des fréquentations de Flaubert, elle en souffre, elle récrimine... il explique que c'est un autre monde que ce monde du baiser-payer... et puis elle sait que c'est comme ça : les hommes autour d'elle sont pareils... ils s'isolent au fumoir, ils s'isolent ailleurs... ils laissent les épouses chics broder, faire des bouquets de fleur, diriger la maison... il ne leur viendrait pas à l'esprit de confondre épouse et prostituée, chacune dans son rôle...

... Clopine, la vraie belle correspondance à lire c'est celle de George Sand... elle est épuisée, pas de réédition prévue (c'est un vrai scandale) comporte 25 volumes, mais elle existe à la bibliothèque Villon de Rouen... je sais que vous aimez posséder les livres mais vraiment le bonheur de lecture, les notes en bas de page de Georges Lubin, l'immersion dans cette vie si riche de rencontres, de politique, de confiture, d'herbiers, d'art... plongez-y après Flaubert... et puis chez elle pas vraiment de côtés glauques étalés... les filles entre elles ont plutôt tendance à philosopher... je n'ai pas dit que c'était mieux!
l.

Posté par linaigrette, 11 juin 2008 à 11:47

Le bel Azur!!

Mais moi aussi, j'aime les ciels d'orage et G.Brassens.
Je réitère: ce sont les fermetures éclair bruyantes que je n'aime pas.. De celles qui s'ouvrent avec fracas et avec arrogance...
Vous n'en connaissez pas ?? Pourtant bien des copines vous en parleraient..
Amicalement,
H.Z

Posté par Henri Zerdoun, 11 juin 2008 à 12:12

tout tout tout

j'aurais dû comprendre mieux; évidemment, vous voulez tout Flaubert, tout tout tout
Vos admirations ne sont pas demi-mesurées (je n'ai pas dit, nonobstant votre myopie) qu'elle sont aveugles.

PS: pour linaigrette, juste un mot
en effet, ce désir de ne pas fonder famille, pour ne pas dire ce refus d'en fonder une, me touche aussi. Refuser de transmettre ses névroses... c'est assez sympathiques pour les potentiels hértiers.

Posté par jibé, 11 juin 2008 à 13:53

fautes

...de ponctuation et d'ortho. (un s en trop, un i en pas assez Je vous laisse. Vais boire ma honte.

Posté par jibé, 11 juin 2008 à 13:56

SOUTIEN AU BATEAU-LIVRE

« Il faut s’entraider, c’est la loi de la Nature. » Jean de la Fontaine

« Je n'ai jamais eu de chagrin qu'une heure de « Bateau-livre »
n'ait dissipé. » Anonyme.


Reçu hier cette lettre de Frédéric Ferney animateur du « Bateau–Livre » Sur France 5.

Je vous laisse juge de réagir et surtout de soutenir cette belle cause....

N'hésitez pas à laisser vos commentaires et vos messages de soutien que nous ferons parvenir à Frédéric FERNEY.

Une émission littéraire qui disparaît, contrairement au train, n'en cache pas forcément une autre.

Alors restons vigilants et continuons de soutenir ceux qui donnent envie de lire ailleurs que sur les autoroutes culturelles...

MERCI DE RELAYER L’INFORMATION ET DE LAISSER UN MESSAGE SUR CE BLOG :

http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites
Votre dévoué,

Eric Poindron

*
**


Paris, le 4 juin 2008

Monsieur le Président et cher Nicolas Sarkozy,

La direction de France-Télévisions vient de m’annoncer que « Le Bateau-Livre », l’émission littéraire que j’anime sur France 5 depuis février 1996, est supprimée de la grille de rentrée. Aucune explication ne m’a encore été donnée.

Si j’ose vous écrire, c’est que l’enjeu de cette décision dépasse mon cas personnel. C’est aussi par fidélité à la mémoire d’un ami commun : Jean-Michel Gaillard, qui a été pour moi jusqu’à sa mort un proche conseiller et qui a été aussi le vôtre.

Jean-Michel, qui a entre autres dirigé Antenne 2, était un homme courageux et lucide. Il pensait que le service public faisait fausse route en imitant les modèles de la télévision commerciale et en voulant rivaliser avec eux. Il aimait à citer cette prédiction : « Ils vendront jusqu’à la corde qui servira à les pendre » et s’amusait qu’elle soit si actuelle, étant de Karl Marx. Nous avions en tous cas la même conviction : si l’audience est un résultat, ce n’est pas un objectif. Pas le seul en tous cas, pas à n’importe quel prix. Pas plus que le succès d’un écrivain ne se limite au nombre de livres vendus, ni celui d’un chef d’état aux sondages qui lui sont favorables.

La culture qui, en France, forme un lien plus solide que la race ou la religion, est en crise. Le service public doit répondre à cette crise qui menace la démocratie. C’est pourquoi, moi qui n’ai pas voté pour vous, j’ai aimé votre discours radical sur la nécessaire redéfinition des missions du service public, lors de l’installation de la « Commission Copé ».
Avec Jean-Michel Gaillard, nous pensions qu’une émission littéraire ne doit pas être un numéro de cirque : il faut à la fois respecter les auteurs et plaire au public ; il faut informer et instruire, transmettre des plaisirs et des valeurs, sans exclure personne, notamment les plus jeunes. Je le pense toujours. Si la télévision s’adresse à tout le monde, pourquoi faudrait-il renoncer à cette exigence et abandonner les téléspectateurs les plus ardents parce qu’ils sont minoritaires? Mon ambition : faire découvrir de nouveaux auteurs en leur donnant la parole. Notre combat, car c’en est un : ne pas céder à la facilité du divertissement pur et du ''people''. (Un écrivain ne se réduit pas à son personnage). Eviter la parodie et le style guignol qui prolifèrent. Donner l’envie de lire, car rien n’est plus utile à l’accomplissement de l’individu et du citoyen.

Certains m’accusent d’être trop élitaire. J’assume : « Elitaire pour tous ». Une valeur, ce n’est pas ce qui est ; c’est ce qui doit être. Cela signifie qu’on est prêt à se battre pour la défendre sans être sûr de gagner : seul le combat existe. La télévision publique est-elle encore le lieu de ce combat ? Y a-t-il encore une place pour la littérature à l’antenne ? Ou bien sommes-nous condamnés à ces émissions dites « culturelles » où le livre n’est qu’un prétexte et un alibi ? C’est la question qui est posée aujourd’hui et que je vous pose, Monsieur le Président.

Beaucoup de gens pensent que ce combat est désespéré. Peut-être. Ce n’est pas une raison pour ne pas le mener avec courage jusqu’au bout, à rebours de la mode du temps et sans céder à la dictature de l’audimat. Est-ce encore possible sur France-Télévisions ?

En espérant que j’aurai réussi à vous alerter sur une question qui encore une fois excède largement celle de mon avenir personnel, et en sachant que nous sommes à la veille de grands bouleversements, je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect.

Frédéric Ferney


P.S. « Le Bateau-Livre » réunit environ 180 000 fidèles qui sont devant leur poste le dimanche matin à 8h45 ( ! ) sur France 5, sans compter les audiences du câble, de l’ADSL et de la TNT ( le jeudi soir) ni celles des rediffusions sur TV5. C’est aussi l’une des émissions les moins chères du PAF.


*
**

POUR EN APPRENDRE D’AVANTAGE, MERCI DE LAISSER UN MESSAGE DE SOUTIEN SUR

LE BLOG DE ERIC POINDRON

http://blog.france3.fr/cabinet-de-curiosites

Posté par Eric Poindron, 11 juin 2008 à 15:26

je m'inscris en faux, revu et corrigé...

version modifiée de ma fausse lettre de F. Ferney

Monsieur le Président,

J'ai l'honneur de vous faire part de la suppression de l'émission "Bateau-Livre" .Cette émission assurait une chronique de la littérature française, sans se fonder sur les chiffres de vente des livres ; c'eût été nécessairement tardif, et pas nécessairement pertinent. La mission du service public culturel n'est pas de conforter les réussites, elle consiste plutôt à les susciter.

Des rumeurs ont circulé aux termes desquelles Patrick Modiano, l'auteur de "Villa triste", se serait porté candidat à ma succession. Après enquête, il apparaît que Patrick Modiano est davantage intéressé par le prix Médicis....

Comme disait cet excellent Suréna "Ordonnez de mes jours, j'aurai soin de ma gloire" : cette émission prend donc fin, et j'envisage de la proposer à un service public de radio-télévision francophone émettant depuis l'Afrique. Les ressources financières y sont limitées, mais l'appétit de culture (et la maîtrise de la langue) y fleurissent. Le bateau-livre va donc aller s'amarrer quelque part sur la côte des esclaves : gageons qu'il y respirera l'air de la liberté.

Je vous présente, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments inchangés.
p.c.c. F. Ferney

PS Clopine, virez ce post sans hésiter si ça vouq paraît lourd...

Posté par Jean-ollivier, 11 juin 2008 à 16:21

les lunettes !

comment retrouver les lunettes ?
de plus en plus de monde ici et que du beau linge ( merci di brazza ) mais comment revenir aux lunettes ?
Clopine , os court !

Posté par Cactus, 11 juin 2008 à 19:01

FLAUBERT.....PAS ML!!!!!!

Décidément Clopine, nous marchons sur les mêmes dalles, que le temps a rendus e lisses. LA CORRESPONDANCE DE GUSTAVE...une merveille.. En particulier ses échanges avec mademoiselle Leroyer de Chantepie. Lui, l'immense sculpteur , le Rodin des mots qui , avec tendresse, bonhomie et une pointe d'ironie parfois, mais, on le sent , toujours avec une immense humanité, écrit à cette dame, demoiselle, vieille fille endurcie, je crois, qui le tanne, mais le tanne avec ses considérations vasouillardes sur la littérature. Jamais Flaubert n'est méchant ou comme ML, méprisant et con.
Et puis quel peintre, bon dieu quel peintre. Quel observateur de son propre questionnement. Je sais , on l'a dit mille fois ,mais cette quête éperdue de l'épure en écriture a quelque chose d'énorme et d'émouvant. Moi,, c'est mon paternel qui m'a foutu la correspondance entre les pattes quand j'avais 16 ans....et je n'en suis jamais sorti. J'ai la vieille édition Conard (sic!) qu'on doit lire avec un presse-papier.
Il faudrait, je crois des milliers de pages pour en parler. Simplement, le chagrin en 1876, à la mort de George Sand...plus perceptible que la pluie qui tombe. Une sorte de noyade. Magnifique.

Posté par montaigneàcheval, 11 juin 2008 à 19:58

LECHE-CUL

Paris, le 4 juin 2008

Monsieur le Président et cher Nicolas Sarkozy,....

Faut dire, chère Clopine, qu'une telle brosse à reluire n'a, au fond que ce qu'il mérite. A force de lècher les culs , on attrape des boutons,. Fatal. Quel tartuffe..cher Nicolas Sarjkozy. Dans ce cas, s'il est ami du nabot, qu'il accepte son sort sans broncher, bon dieu...tout cela manque de force, de courage, de discernement. On se noie dans le marigot putride des ronds-de-jambe, de la bienséannce, de la rhubarbe et du séné, du renvoi d'ascenseur, des prébendes passées, présentes et à venir. A vomir.
Tiens, sur la RDL, ça marche plus, hihihi....cassé, le bouzin....
Et essayez, une fois, d'aller sur "l'OEUVRE D'UN TRADUCTEUR" pour voir. moi c'est ACCESS DENIED.....je m'en tape, mais quand même.

Bien à vous. Et chapeau pour le thème.....

Posté par montaigneàcheval, 11 juin 2008 à 20:04

KUCHUK-HÂNEM

A propos, Flaubert exagère-t-il??? Lisez donc "LE VOYAGE EN EGYPTE" et ses parties de jambes en l'air avec le jolie courtisane ottomane, Kuchuk-Hânem..dont il note, benoîtement "kuchuk-Hânem, très sauvage, très polluée"....la Millet à côté", c'est la bibliothèque Rose.
De même , sa relation avec Louise Colet ne fut pas que littéraire, ou alors la littérature mène à tout....
je pense toujours à ce propos, à ce magnifique petit aphorisme farsi, du XIème siècle, traduit par René Khawam

"Ô Dieu Miséricordieux, pourquoi donc as-Tu, dans Ton incomensurable sagesse, placé le pertuis des félicités si prêt du trou punais"

Joli, non.....

Posté par montaigneàcheval, 11 juin 2008 à 20:10

FOTT DORTOGRAF

si près, sorry!!!

Posté par montaigneàcheval, 11 juin 2008 à 20:42

Tiens

tiens, MàC... le blog du Monde est cassé,en effet...pffft la RDL
Que va-t-on deviendre?

Très bien le petit a parte sur Flaubert, sa fuite en Egypte, etc etc

Posté par jibé, 11 juin 2008 à 22:25

SANS RDL,quelles vacances, OUAIIIIIHHHH

Oh, vous savez , jibé, on s'en remettra, comme disait Olivier....
Ça nous fait des vacances.....et puis, et puis, on est bien ici. On n'est pas obligé de ferrailler contre les Egos.....dont certains sont lourds, mais lourds.....alors si remarche, tant mieux, je pourrai me farcir libertylover...et ML, mais si ça merche pas, je vous garantis que j'aurai alors besoin d'un gros zognon pour que des larmes me viennent;;;;
BàV

Posté par montaigneàcheval, 11 juin 2008 à 23:02

hihihohohaha

Navré de vous décevoir, mais ce sont tous les blogues du Monde qui sont en maintenance.

Et comme les admins de ces blogues sont des balourds qui se sortent les doigts du fillon à la vitesse d'un escargot sous Rorhypnol, ça va durer.

Ah on sent bien qu'elle vous manque, votre passouschnouf !

Posté par JD, 11 juin 2008 à 23:59

Toute une tartine

Me voilà bien perplexe …
Comment parler d’une émission que l’on n’a jamais, mais alors jamais regardée, dont on ne savait même pas qu’elle existait ? (je ne regarde pas grand-chose à la télévision en fait)
Donc pour moi la question devient : pourquoi en parler ? (à entendre bien sûr comme « faut-il vraiment que moi, qui ne la regardais pas, j’en parle ? » et non « avez-vous raison vous autres d’en parler » !)
Peut-être pour compenser mon absence de souvenirs visuels du Bateau-Livre, ce sont curieusement des images qui occupent (abusivement ?) ma réflexion ; je vous les livre comme des associations libres, à prendre comme telles.
— les manifestations monstres (et monstrueuses à mon sens !) de braves petits soldats ados répondant à l’appel de Baudecroux quand il s’agissait de « sauver » NRJ, les exploités montant volontairement au créneau pour leur exploiteur — étonnant, non ? Même s’il ne s’agit pas d’une comparaison, je le répète, (comment comparer ce que l’on ne connaît pas ?), je me rends bien compte que le seul rapprochement risque fort de paraitre infâmant. Mais s’il a surgi, c’est bien que je m’interroge sur l’instrumentalisation des courageux petits blogueurs-télespectateurs au service d’une cause qui n’est pas tout à fait la leur.
Infanterie mobilisable facilement pour peu que l’on sache appuyer sur les bons boutons, mais à laquelle on ne doit rien en retour, puisque n’est-ce pas, on n’est pas du même monde (alors que les gentils fantassins, eux, le croient dur comme fer : la grande fraternité des lecteurs, la résistance contre les barbares, etc) ; j’ai l’impression que pour l’instant les serviettes (St Germain des Prés) tolèrent les torchons (au-delà du périph’ et la province), mais tant qu’ils paraissent utiles ; et puis ce sont eux les clients de la consommation culturelle qu’il s’agit d’entretenir …
Pour me justifier, j’aurais envie d’invoquer et Hannah Arendt sur l’industrie culturelle et Etienne de la Boétie, Le Discours de la servitude volontaire (mais impossible de remettre la main sur mes bouquins quand j’en ai besoin ; chez ML c’est manifestement mieux rangé !)
Je ne fais peut-être qu’étaler mon ressentiment social, mon aigreur (mais enfin, tout de même, certains aspects de la lettre ! et tous les anglicistes distingués n’ont pas 1) des relations 2) une niche dans les médias) ; il ne s’agit pas non plus de reprendre les cris de guerre contre les « valets du capital » (rappelez-moi qui a permis la création des « radios-libres », libres comme dans libérales/ libertylover pas comme dans libertaires ?), tout le monde doit vivre, mais comme l’ont fait remarquer certains sur la RDL, même si l’on ne peut pas leur imputer l’intégralité de la débâcle culturelle actuelle, nos petits barons du paysage médiatique français pourraient se poser des questions : n’auraient-ils pas leur part de responsabilité ? (quelqu’un a murmuré « réflexe corporatiste » au fond de la salle ? encore un mauvais esprit)
Voilà aussi pourquoi, dame Clopine, je rechigne (même si je ne résiste pas toujours) à aller sur la RDL
— une image « lue », un dessin humoristique rapporté et commenté par Freud, mais où ? (ma mémoire est aussi bien rangée que ma maison, semble-t-il ! les freudiens distingués auront sûrement la gentillesse de me signaler la provenance) : ce dessin montrait un paysan venu à la ville à une époque où l’électricité était encore inconnue dans les campagnes et qui essayait désespérément de souffler sur l’ampoule pour l’éteindre. Moralité : ça ne sert à rien de vouloir traiter les symptômes si l’on ne s’attaque pas à la cause de la maladie (la psychanalyse comme interrupteur).
Et si cette image me revient à l’esprit, c’est que j’ai l’impression que la suppression de cette émission ne serait qu’un épiphénomène. Bon, facile à dire quand on n’en est pas privée … j’y aurais peut-être fait un jour des découvertes merveilleuses qui auraient « percé » le format de l’émission-culturelle-pour-la-télé. Plusieurs internautes en ont parlé d’une façon qui m’a fait regretter mon ignorance. Et comme beaucoup d’autres, j’ai des souvenirs émus d’Apostrophe (Jankélévitch, Modiano) qui constituaient une initiation à un autre monde — et qui devraient m’inciter à un peu moins de « purisme » et à admettre que mieux vaut une transmission commerciale, obéissant à la mode, phagocytée par les brillants causeurs que l’on rêverait d’avoir à sa table mais dont les ouvrages, ma foi …, bref une transmission imparfaite de l’amour des livres que rien du tout. Et puis acheter un livre pour des raisons de midinette, parce que son auteur est « trop beau », a une voix « tellement sensuelle », n’est-ce pas un début ? à condition de le lire le livre, et de ne pas tomber sur une daube, comme il arriverait fréquemment maintenant.
— Allez pour me faire pardonner, une autre association, textuelle cette fois, et qui va dans l’autre sens (peut-être déclenchée par l’évocation de Jankélévitch qui savait si bien parler de la philosophie de l’action, et évoquer le moment où la résistance paraissait une folie aux gens « censés » — en gros, il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, mais tellement mieux dit !). C’est un peu une scie bien-pensante, cette citation hyper-connue attribuée à Martin Niemöller, mais cela ne la rend pas forcément moins pertinente.
« Lorsque les nazis sont venus chercher les communistes je n'ai rien dit, je n'étais pas communiste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les sociaux-démocrates je n'ai rien dit, je n'étais pas social-démocrate.
Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes je n'ai rien dit, je n'étais pas syndicaliste.
Lorsqu'ils sont venus chercher les catholiques je n'ai rien dit, je n'étais pas catholique.
Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs je n'ai rien dit, je n'étais pas juif.
Puis ils sont venus me chercher et il ne restait plus personne pour protester. »
Je ferais peut-être bien de la transposer au sujet actuel …
Bon, et bien voilà, nous ne sommes pas plus avancés. Il n’y a que Gilda sur la RDL, si je me souviens bien, qui semblait lancer des propositions concrètes mais je n’ai pas vu de réponses à son post et depuis la page est indisponible.

Posté par Miette, 12 juin 2008 à 00:26

Coillet, Flaubert, Bouilhet

Clopine, sur Louise Collet, le livre de Francine du Plessis- Graix," Mon Cher Volcan",édité il y a un peu plus de dix ans chez Lattés. Et , si vcous avez du courage, à défaut des poèmes de la Dame,son roman, "Lui", qui vous changera de Gustave, puisque pris en tenaille entre Sand et Paul de Musset, entre "Lui et Elle", et "Elle et Lui". Ne jamais penser que notre temps a inventé la littérature pipole...
Tout à fait d'accord pour ce qui concerne Bouilhet. On éprouve quelque malaise à voir le Flaubert pousser de toutes ses relations pour faire jouer sa Catherine de Médicis, ou faire éditer les poèmes de son ami. A l'entendre, c'est un talent supérieur et un nouveau Corneille. A le lire, meme Delavigne fait figure d'aigle...
Trés probable en effet qaue le Voyage en Egypte a agi comme révélateur de pulsions peu avouables dans la société rouennaise.La lettre sur les "Bardaches" est révélatrice. Mais peut etre Flaubert est-il ici davantage conditionné par une vision de l' Orient qui trouve ses racines dans le Dix-Huitième siècle: celui de Vathek et des beaux Icoglans de Candide. Un peu comme Bougainville croit bon d'évoquer discrétement la licence sexuelle des Valois dans je ne sais plus quelle ile du pacifique. On est toujours
conditionné par ses stéréotypes...Le fait est que le Flaubert parisien ne donne pas prise à ces accusations, entre Louise Collet, la Chantepie, la Des Genettes...
On peut toutefois se demander si Flaubert et Bouilhet n'ont pas en commun un certain réalisme anatomique, proche de la mysogynie. cf le poème de B: " qu'importe ton sein maigre, o mon objet aimé, / On est plus prés du coeur quand la poitrine est plate", si justement célèbre ! Et Bouilhet rime, ce que Flaubert ne sait pas faire.
Remercions, après ces médiocrités, Jean Ollivier de sauter de Sertorius à Suréna, piéces d'une authentique grandeur.
Je salue J.D, et les autres .
A bientot.
M.Court
PS
Il doit exister, dans la petite collection bleue gallimard - Essai, je crois- quelque chose sur Louis Bouilhet. Mais c'est plus un roman qu'une biographie sérieuse. en a -t-il besoin, d'ailleurs?

Posté par court, 12 juin 2008 à 03:30

MEMOIRES D4 HADRIEN

PS
Jean Ollivier, avez-vous essayé tout betement pour votre citation l' edition de poche Folio des Mémoires d' Hadrien?
Bien à vous.
MC

Posté par court, 12 juin 2008 à 03:34

Le Maitre et les Marguerites

Clopine, dans le "Voyage en Orient", vous trouverez nombre de ces descriptions qui entrecoupant des réflexions sur les antiquités et le paysage, concernent des expériences de Flaubert dans les termes les plus crus,qui font parfois penser à Miller.A coté de son initiation aux moeurs et croyances, il ne laisse pas une occasion, lui qui pensait "etre débarrassé des femelles".Ses références historiques et littéraires (parmi elles une comparaison avec Judith et Holopherne) semblent avoir aussi une grande part dans l'intéret tendre qu'il éprouve pour la courtisane Kuchiuk.
M.Prichvine disait : "Le talent d'un écrivain ne serait-il pas tout entier dans son caractère?"
Heureusement que non.

Posté par sapiencemalivole, 12 juin 2008 à 07:55

PISSE-FROID

" qu'importe ton sein maigre, o mon objet aimé, / On est plus prés du coeur quand la poitrine est plate"

Si on ne voit pas la dimension potache un peu canaille qu'il y a dans cette stupidité, c'est qu'on méconnait totalement le lien entre Bouilhet et Flaubert, un lien bien autre que purement littéraire....C'est , entre eux une sorte de camaraderie au sens "scolaire" du mot, un binôme de potes facétieux et qui s'aiment. La mort de Bouilhet fut un déchirement pour Flaubert. Donc , à mon sens, il n'y a nulle misogynie là-dedans...simplement la grosse déconnade grasse. Sans conséquence.
Quel monde!!!!! Quel manque d'humour, quelle infatuation. Quel sérieux imbécile!!!!

Posté par montaigneàcheval, 12 juin 2008 à 08:00

judith

ah, finir sur un plateau, dans les bras d'une femme...
ou peint par Caravage...au moment de l'acte... la femme tenant la lame...
Bon , fantasme matinal? que nenni. Evocations libres et banales...qui pourraient donner une de clefs pour Flaubert.

Posté par jibé, 12 juin 2008 à 08:08

ivresse , livre S. comme Sagan !

l'ivresse me donne soif moi !
pas vous ?
allez un chti Jack à cette heure , c'est trop bon !

Posté par Cactus, 12 juin 2008 à 08:37

Clopine, Notre-Dame du Bon Secours

Ha, Clopine, Notre-Dame du Bon Secours, la dérivation charitable, le plan B, la providence du blogueur addict ; contre les turpitudes de la technique blog.lemonde.fr, le refuge.
On se déverse chez vous, on est un peu nombreux, pour nous faire pardonner l'envahissement, nous récurerons les étables, bichonnerons Utopi, sarclerons... nous ne sommes pas bêcheurs.

Posté par JC BARILLON, 12 juin 2008 à 10:14

Jibé, Sapience, savez-vous...

j'avais lu les trois contes de Flaubert, Madame Bovary of course, et l'Education sentimentale. Je suis passée complètement à côté de Salâmmbo, je ne cromprenais pas ce que ce livre-là venait faire à côté des autres. Le premier livre de la correspondance, le voyage en Egypte, vient colorer Salammbô de la saveur du rêve éveillé, je trouve,du fantasme coloré, à forme de narguilé...je vais m'y remettre dare dare.

Vous êtes tous si passionnés, si érudits, vous parlez tous, tant, de vous-mêmes, à travers ce que vous dites de Gustave : me voici presque interdite de ce que je déclence, à travers mon innocente lecture et mes étonnements naïfs (enfin, pseudo naïfs, hein, je ne suis pas si gourde que ça).

Merci en tout cas, et puis, plus que la figure de Judith et Holopherne, je convoquerai ici (pour salammbô) comme un souvenir de l'odyssée. Circé (qui transforme Gustave en cochon :>)), et Calypso...

Sapience, vous savez que de tous mes commentateurs, vous êtes à la fois celle qui en dit le plus et le moins ? Le plus, dès qu'il s'agit de donner des informations, des clés, des références et des pistes. Du savoir, quoi, dont je vous suis vraiment redevable. Le moins, dès qu'il s'agit de parler de vous. Je vous imagine un peu comme planquée derrière un rayon de bibliothèque. On voit vos pieds qui dépassent, en-dessous. Une main, peut-être, avec un objet précieux, une satuette grecque, un fragment de frise étrusque, qui trace un geste... derrière vous, une fenêtre ouverte sur un paysage méditerranéen. Mais pas de son. Votre voix, si précise et si cultivée, est bizarrement silencieuse quand il s'agit de vous. Vos émotions ne sont que murmurées...

Ah, telle quelle, vous donnez pourtant envie de vous entendre, savez-vous. Comme on ouvre un livre,qu'on le feuillette, qu'on souligne telle ou telle référence..Mais quel est donc ce parfum de silence (de solitude ?) qui monte cependant de vos pages ouvertes ?

Clopine, ah, j'espère que je ne suis pas intrusive, là. Bon, je devrais aller m'occuper de mes oignons, tiens, un peu.

Posté par Clopine, 12 juin 2008 à 10:15

Du Mercisme en région bloguienne

@ Cactus

merci pour le merci. Mais pas de mercisme entre nous, o.k? Par contre, tout neuneutement j'ai toujours pas trouvé comment on commente chez vous - oui je suis neuneu - alors que la si jolie plage savamment plastiquée publiée aujourd'hui j'ai la même à quelques kilomètres de chez moi; comme elle assez difficile d'accès on se dit que les hommes et les femmes poubelles qui la conchient viennent à elle par la mer. Belle photo cependant: hélas.
De l'autre côté, je vous assure qu'un diaporama c'est pas de la coquetterie : faites en un, tudieu. Merdalore, c'est quand même pratique un un diaporama. Non?

Amications lasiocereusses et rupicolates
dB

Posté par di Brazza, 12 juin 2008 à 10:46

Sapience s'envole-t-elle?

Je ne sais plus le terme adéquat pour les peintures où on ne voit que les pieds du Christ ou de la Vierge en haut du tableau .... mais je trouve très jolie cette description de Sapience en "Assomption" ou en "Ascension" ... en se gardant de commentaires douteux, forcément douteux, sur le ciel vers lequel Sapience (malivole serait-elle tombée aux oubliettes?) s'élève.

merci à M. Court pour la citation de Flaubert par M. Yourcenar : je vais aller y voir.

Posté par Jean-ollivier, 12 juin 2008 à 10:49

Le Potache et le Sens

Montaigne, je ne dis pas que ce n'est pas potache, puisqu'en son temps, j'avais affiché ces vers, avec d'autres distractions de "chers maitres", sur les murs de mon Hypokhagne!
Cela étant, rien n'empèche d'aller voir plus loin, pourquoi non? Il y a au moins un coté médicalo réaliste dans l'observation, doublée d'une absence de tput personnage féminin réel, me semble-t-il , dans le monde de Bouilhet.En bref, cela peut etre potache et Vouloir dire quelque chose...
Ce qui n'est pas potache, ce sont les lettres de Flaubert sur son ami, t compris celles ou il s'emploie à obtenir de la municipalité de Rouen un monument à sa Mémoire.
Bonne après midi.Saluez le Musée de Rouen, et la statue de Bouilhet de ma part
M.Court

Posté par court, 12 juin 2008 à 10:59

c'est la saint Clopine ce jour !

alors bonne fais tout ce que tu veux !
sinon di brazza c'est ok je vais accepter votre proposition mâle honnête !
sinon j'ai vu mon doc : je souffrais d'incontinence verbale et là pour mettre une couche ce seerait culotté , non ? déjà que j'en mets une pour combattre mes droïdes : faut dire que j'ai 74 : chaque seconde me rappoche de ma mort mais j'accepte

sinon elle nous pond quoi ce jour notre hôte ?

un hymne à la joie , aux filles de joie ?
ou alors un billet doux plain de gros mots !

on verra bien !

Posté par Cactus, 12 juin 2008 à 12:05

les fôtes !

désolé , je mérite le fouet Clopine ou alors une fessée bien tassée comme quand on était petit tous deux : je me tiens prêt !
pas sur la tête , ok ?

Posté par Cactus, 12 juin 2008 à 12:06

L'ombre de Tanit

Clopine, sous un tel soleil, il faut se faire de l'ombre à soi-meme :)
Salammbo est un roman que je chéris particulièrement : l'Orientalisme,(que j'adore également en peinture, si vous allez sur le blog d'Henri, vous verrez dans son billet sur Constantinople de très beaux portraits) y est dépassé, et il ne s'agit pas non plus d'un roman historique. On y retrouve des indices de la tradition historique gréco-latine, une profusion baroque de l'imaginaire divin, la cruauté mystique et sexuelle, ces choses "exquises et graves". Je crois que dans Salammbo, Flaubert a voulu mystérieusement paraitre. Peut-etre est-il plus l'adoratrice de Tanit qu'Emma.

Posté par sapiencemalivole, 12 juin 2008 à 12:40

BADINGUET

je vous avais parlé des lettres de Flaubert à Sand...voci, sans doute, celle que je préfère. On voit l'extraordinaire actualité de ses propos. On ne pourrait pas cloner Gustave????

Flaubert à George Sand, 7 octobre 1871
Croisset, 7 octobre 1871

Chère Maître,

J'ai reçu votre feuilleton hier, et j'y répondrais longuement si je n'étais au milieu des préparatifs de mon départ pour Paris. Je vais tâcher d'en finir avec Aïssé.

Le milieu de votre article m'a fait verser un pleur. - Sans me convertir, bien entendu! J'ai été ému, voilà tout! mais non persuadé!

Je cherche chez vous un mot que je ne trouve nulle part : Justice. Et tout notre mal vient d'oublier absolument cette première notion de la morale. - Et qui selon moi, comporte toute la morale.

La grâce, l'humanitarisme, le sentiment, l'idéal, nous ont joué d'assez vilains tours pour qu'on essaye du Droit et de la Science. Si la France ne passe pas, d'ici à peu de temps, à l'état critique, je la crois irrévocablement perdue. L'instruction gratuite et obligatoire n'y fera rien - qu'augmenter le nombre des imbéciles. Renan a dit cela supérieurement dans la préface de ses Questions contemporaines. Ce qu'il nous faut avant tout, c'est une aristocratie naturelle, c'est-à-dire légitime. On ne peut rien faire sans tête. - Et le suffrage universel tel qu'il existe est plus stupide que le droit divin. Vous en verrez de belles si on le laisse vivre! La masse, le nombre, est toujours idiot. Je n'ai pas beaucoup de convictions. Mais j'ai celle-là, fortement. Cependant il faut respecter la masse si inepte qu'elle soit, parce qu'elle contient les germes d'une fécondité incalculable. - Donnez-lui la liberté mais non le pouvoir.

Je ne crois pas plus que vous aux distinctions de classes. - Les castes sont de l'archéologie. - Mais je crois que les Pauvres haïssent les Riches, et que les riches ont peur des pauvres. Ce sera éternellement. - Prêcher l'amour aux uns comme aux autres est inutile. Le plus pressé est d'instruire les Riches, qui en somme sont les plus forts. Eclairez le bourgeois d'abord! Car il ne sait rien, absolument rien. Tout le rêve de la démocratie est d'élever le prolétaire au niveau de bêtise du bourgeois. - Le rêve est en partie accompli! Il lit les mêmes journaux et a les mêmes passions.

Les trois degrés de l'instruction ont donné leurs preuves depuis un an . 1° l'instruction supérieure a fait vaincre la Prusse ; 2° l'instruction secondaire, bourgeoise, a produit les hommes du 4 septembre ; 3° l'instruction primaire nous a donné la Commune. Son ministre de l'Instruction primaire était le grand Vallès, qui se vantait de mépriser Homère.

Dans trois ans tous les Français peuvent savoir lire. Croyez-vous que nous en serons plus avancés ? Imaginez au contraire que, dans chaque commune, il y ait un bourgeois, un seul, ayant lu Bastiat, et que ce bourgeois-là soit respecté, les choses changeraient!

J'apprends aujourd'hui que la masse des Parisiens regrette Badinguet! Un plébiscite se prononcerait pour lui, je n'en doute pas. Tant le suffrage universel est une belle chose!

Cependant, je ne suis pas découragé comme vous et le gouvernement actuel me plaît, parce qu'il n'a aucun principe, aucune métaphysique, aucune blague.

Je m'exprime très mal. - Vous méritiez pourtant une autre réponse. Mais je suis fort pressé, ce qui ne m'empêche pas de vous embrasser très fortement.

Votre vieux Troubadour
Gve Flaubert

Pas si troubadour, pourtant ! Car la silhouette de l'ami, qu'on entrevoit dans votre article, est celle d'un coco peu aimable et d'un joli HHégoïste!

Flaubert à George Sand, 7 octobre 1871

Posté par montaigneàcheval, 12 juin 2008 à 17:24

MàC BOTTE EN TOUCHE

Et Clopine, je vous offre ceci....un texte immense...d'une drôlerie...enfin, jugez-vous même: Et ces bottes vont si bien à pas mal de nos littérateurs contemporains , à la fois cuistres et d'une effondrante nullité. Je ne vois à qui je fais allusion...euhhhhh

Les Bottes comparées aux littératures


« J'aime les oeuvres qui sentent la sueur, celles où l'on voit les muscles à travers le linge et qui marchent pieds nus, ce qui est plus difficile que de porter des bottes, lesquelles bottes sont des moules à usage de podagre : on y cache ses ongles tors avec toutes sortes de difformités. Entre les pieds du Capitaine ou ceux de Villemain et les pieds des pêcheurs de Naples, il y a toute la différence des deux littératures. L'une n'a plus de sang dans les veines. Les oignons semblent y remplacer les os. Elle est le résultat de l'âge, de l'éreintement, de l'abâtardissement. Elle se cache sous une certaine forme cirée, convenue, rapiécée et prenant eau. Elle est, cette forme, pleine de ficelles et d'empois. C'est monotone, incommode, embêtant. On ne peut avec elle ni grimper sur les hauteurs, ni descendre dans les profondeurs, ni traverser les difficultés (ne la laisse-t-on pas en effet à l'entrée de la science, où il faut prendre des sabots ?). Elle est bonne seulement à marcher sur le trottoir, dans les chemins battus et sur le parquet des salons, où elle exécute de petits craquements fort coquets qui irritent les gens nerveux. Ils auront beau la vernir, les goutteux, ce ne sera jamais que de la peau de veau tannée. Mais l'autre ! l'autre, celle du bon Dieu, elle est bistrée d'eau de mer et elle a les ongles blancs comme l'ivoire. Elle est dure, à force de marcher sur les rochers. Elle est belle à force de marcher sur le sable. Par l'habitude en effet de s'y enfoncer mollement, le galbe du pied peu à peu d'est développé selon son type ; il a vécu selon sa forme, grandi dans son milieu le plus propice. Aussi, comme ça s'appuie sur la terre, comme ça écarte les doigts, comme ça court, comme c'est beau !

Quel dommage que je ne sois pas professeur au Collège de France ! J'y ferais tout un cours sur cette grande question des Bottes comparées aux littératures. "Oui, la Botte est un monde", dirais-je, etc. Quels jolis rapprochements ne pourrait-on pas faire sur le Cothurne, la Sandale ! etc.

Quel beau mot, que Sandale ! et comme il est impressionnant, n'est-ce pas ? Celles qui ont des bouts retroussés en pointe, comme des croissants de lune, et qui sont couvertes de paillettes étincelantes, tout écrasées d'ornements magnifiques, ressemblent à des poèmes indiens. Elles viennent du Gange. Avec elles on marche dans des pagodes, sur des planchers d'aloès noircis par la fumée des cassolettes, et, sentant le musc, elles traînent dans les harems sur des tapis à arabesques désordonnées. Cela fait penser à des hymnes sans fin, à des amours repus... La Marcoub du fellah, ronde comme un pied de chameau, jaune comme l'or, à grosses coutures et serrant les chevilles, chaussure de patriarche et de pâtre, la poussière lui va bien. Toute la Chine n'est-elle point dans un soulier de Chinoise garni de damas rose et portant des chats brodés sur son empeigne ?

Dans l'entrelacement des bandelettes aux pieds de l'Apollon du Belvédère, le génie plastique des Grecs a montré toutes ses grâces. Quelle combinaison de l'ornement et du nu ! Quelle harmonie du fond et de la forme ! comme le pied est bien fait pour la chaussure ou la chaussure pour le pied !

N'y a-t-il pas un rapport évident entre les durs poèmes du moyen âge (monorimes souvent) et les souliers de fer, tout d'une pièce, que les gens d'armes portaient alors, éperons de six pouces de longueur à molettes formidables, périodes embarrassantes et hérissées.

Les souliers de Gargantua étaient faits avec " quatre cent six aulnes de velours bleu cramoysi, deschiquetez mignonnement par lignes parallèles jointes en cylindres uniformes ". Je vois là l'architecture de la Renaissance. Les bottes Louis XIII, évasées et pleines de rubans et de pompons comme un pot rempli de fleurs, me rappellent l'hôtel de Rambouillet, Scudery, Marini. Mais il y a tout à côté une longue rapière espagnole à poignée romaine = Corneille.

Du temps de Louis XIV, la littérature avait les bas bien tirés ! ils étaient de couleur brune. On voyait le mollet. Les souliers étaient carrés au bout (La Bruyère, Boileau), et il y avait aussi quelques fortes bottes à l'écuyère, robustes chaussures dont la coupe était grandiose (Bossuet, Molière). Puis on arrange en pointe le bout du pied, littérature de la Régence (Gil Blas). On économise le cuir et la forme (encore un calembour !) est poussée à une telle exagération d'antinaturalisme qu'on en arrive presque à la Chine (sauf la fantaisie du moins). C'est mièvre, léger, contourné. Le talon est si haut que l'aplomb manque ; plus de base. Et d'autre part on rembourre le mollet, emplissage philosophique flasque (Raynal, Marmontel, etc). L'académique chasse le poétique ; règne des boucles (pontificat de Monseigneur de La Harpe). Et maintenant nous sommes livrés à l'anarchie des gnaffs. Nous avons eu les jambarts, les mocassins et les souliers à la poulaine. j'entends dans les lourdes phrases de MM Pitre-Chevallier et Emile Souvestre, Bretons, l'assommant bruit des galoches celtiques. Béranger a usé jusqu'au lacet la bottine de la grisette, et Eugène Sue montré outre mesure les ignobles bottes éculées du chourineur. L'un sent le graillon et l'autre l'égout. Il y a des taches de suif sur les phrases de l'un, des traînées de merde tout le long du style de l'autre. On a été chercher du neuf à l'étranger, mais ce neuf est vieux (nous travaillons en vieux). Echec des rebottes à la Russe et des littératures laponnes, valaques, norvégiennes (Ampère, Marmier et autres curiosités de la Revue des Deux Mondes). Sainte-Beuve ramasse les défroques les plus nulles, ravaude ces guenilles, dédaigne le connu et, ajoutant du fil et de la colle, continue son petit commerce (renaissance des talons rouges, genre Pompadour et Arsène Houssaye, etc.). Il faut donc jeter toutes ces ordures à l'eau, en revenir aux fortes bottes ou au pieds nus, et surtout arrêter là ma digression de cordonnier. D'où diable vient-elle ? D'un horrifique verre de rhum que j'ai bu ce soir, sans doute. Bonsoir. »

A Louise Colet. 26 août 1853.

Posté par montaigneàcheval, 12 juin 2008 à 17:30

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