29 février 2008
frondaisons
Aujourd'hui, cela fait quinze jours exactement que j'ai entendu le premier oiseau chanter, à la levée du jour.
Je guettais ce moment : le mois de janvier avait été si silencieusement interminable...
Je sais, d'expérience, que les oiseaux rechantent quand les toutes premières lueurs de ce jaune franc, inimitable et printanier, le jaune jonquille, s'échappent des tiges bien vertes et sortant hardiment de terre... Et que les premières jonquilles cohabitent avec les derniers perce-neige, qui me font toujours penser à de minuscules lanternes japonaises, balancées le long d'enterrements hivernaux. Les dernières roses de Noël, qui m'émerveillaient en janvier, et qui fleurissent encore le long des poteaux EDF, me semblent aussi, par constraste, blafardes, maladives, exténuées.
Tous les signes du renouveau sont là, jusqu'à la clarté du jour, plus vigoureuse.
Pendant des années, toute mon enfance d'abord, je ne voyais rien, je ne sentais rien : j'étais une buse. Au beau milieu du monde sensible, j'optais pour la place du caillou. Mais au fur et à mesure que le temps qui m 'est imparti rétrécissait, se condensait, devenait palpable, ma sensibilité à la nature augmentait, se dilatait, prenait possession de moi. Je ne peux plus, maintenant, aborder l'hiver avec l'indifférence de mes douze ans, qui se fichaient bien de l'interruption de la poussée des plantes. Je me sens à mon tour devenir végétale, tournée vers le soleil et la chaleur, humant les brises et cherchant, de mes racines que j'ai si souvent, comme à loisir, coupées, cherchant au fond de la terre, du bout de mes orteils, la poussée tellurique du printemps.
Clopine
Commentaires
Mouaiche !
En attendant ces maudits piafs m'ont réveillée à 5h45 du matin ! (et j'adore ça !)
Même à Paris on peut les entendre les zoziaux, cela fait un bien fou !
C'est la fête qui commence
Chez nous aussi, dans le Nord de l'Isère, les oiseaux s'agitent, les jonquilles fleurissent, les cognassiers du japon trépignent d'impatience. Même les grenouilles commencent à pointer le bout de leur nez hors de l'eau de la mare. L'année dernière, leurs premières pontes étaient visibles début mars. Les bourgeons des Lilas et du magnolia gonflent au point de commencer à faire éclater leur robe brune. Je me dépêche de planter mes derniers arbres et arbustes de la saison. On dit qu'il faut le faire avant que les cerisiers ne fleurissent. En une semaine la nature est sortie de sa torpeur hivernale. Dans la tête aussi c'est un peu le printemps : les projets refont surface et les idées les plus exubérantes se bousculent sur la ligne de départ.
pauvre buse!
... je vous trouve bien sévère avec la buse! Quand, en balade dans les vignes, j'en vois une qui tournoie je pense "bientôt, un lérot va avoir mal au dos..."
C'est la fête qui commence
Chez nous aussi, dans le Nord de l'Isère, les oiseaux s'agitent, les jonquilles fleurissent, les cognassiers du japon trépignent d'impatience. Même les grenouilles commencent à pointer le bout de leur nez hors de l'eau de la mare. L'année dernière, leurs premières pontes étaient visibles début mars. Les bourgeons des Lilas et du magnolia gonflent au point de commencer à faire éclater leur robe brune. Je me dépêche de planter mes derniers arbres et arbustes de la saison. On dit qu'il faut le faire avant que les cerisiers ne fleurissent. En une semaine la nature est sortie de sa torpeur hivernale. Dans la tête aussi c'est un peu le printemps : les projets refont surface et les idées les plus exubérantes se bousculent sur la ligne de départ.
En avance et en retard
Les premiers signes du printemps sont palpables, telluriques ou non mais c'est quand même le gros bordel du fait de la désynchronisation des cycles biologiques et naturels.
Si les piafs sont en avance, les couvées le seront aussi.
Mais les chenilles non... car encore à l'état de chrysalide.
Et qui va mourir de faim ? Les petiots !
Dur dur d'être une mésange ou un pinson.
le panais de Beckett
rien à voir mais voici une traduction (amateur!) du premier paragraphe (où l'on parle du panais) de l'article anglais que citait Passou:
Il y a environ 20 ans, un ami de Paris me donna une copie de Premier Amour (1945) , une des toutes premières œuvres de Samuel Beckett en français. Cet ami considérait comme un trésor cette petite nouvelle, mais il y avait un mot qu’il ne comprenait pas. Le protagoniste faisait plus ou moins des affaires avec un « panais ». « Qu ‘est-ce que c’est qu’un panais ? » demanda-t-il. « C’est un parsnips » « Oui c’est ce que dit le dictionnaire ». « Mais qu’est-ce qu’un panais ? Les Français ne mangent pas de panais. Ils les donnent à manger aux animaux ». L’apparition d’un panais dans Premier Amour est lugubrement comique ; elle fait jouer un rôle à l’énigmatique, à l’abject, au théâtral. Elle fait allusion, conformément à la logique de rêve du calembour, au proverbe « des mots élégants ne mettent pas du beurre dans les panais ». Beckett trouvait sa voie dans les mots élégants.
Taomugaïa, vous avez raison, mais j'ai souvent des doutes quant à l'efficacité des luttes écologiques, même tombant sous le sens comme votre action contre la chasse, à cause du côté ... comment me faire comprendre sans passer pour une réactionnaire, alors même que je partage de très près un certain nombre de luttes essentielles? Si je vous dis "khmer vert",ou "peine à jouir", vous allez vous récriez, à juste raison, Tao. Mais je pourrais vous raconter l'histoire du pilpil à l'eau, pour vous faire mieux saisir la nuance que je mets. Par exemple, notre monde sensible est menacé. Mais sa beauté éclate. Il faut pouvoir continuer à parler de l'une, sans tomber sous la mélancolie issue des menaces qui pèsent (réellement, là n'est pas le problème, n'est-ce pas). J'AIMERAIS BEAUCOUP EN DISCUTER AVEC VOUS, MAIS !
il nous faudrait du temps? j'en ai, et de la disponibilité, et de la curiosité, mais vous, je ne sais pas ?
en tout cas, merci
Clo
Lavande !
Vous êtes passionnante ! Comment savez-vous tout ça ???
à vous lire, avec avidité
Clo



