24 novembre 2007
Petite anecdote amoureuse : Vive les cheminots
Bon, je commence une nouvelle anecdote amoureuse. L'envie de l'écrire me vient directement du journal régional de FR3 d'hier. On y voyait les mecs reprendre le travail, la gueule en biais. Quatre types autour d'une traverse de chemin de fer (je les connais, ces traverses : leur bois en est si dur, si lourd, si noirci aussi, qu'elles font apparaître des images de bagne, de chinois au travail dans l'Amérique du début du 19è siècle, de muscles saillants et de gouttes de sueur aux fronts. Ici, l'euphémisme c'est "la pénibilité du travail"...) Et du coup mon anecdote , si légère et plaisante (pour moi) soit-elle, m'est remontée en mémoire. Même si ce n'est qu'une historiette légèrement grivoise, je m'en vais quand même la dédier "au corps des cheminots". Et derrière le double sens, c'est quand même l'empathie envers ces hommes qui, littéralement, vendent leur force de travail, comme aurait dit Marx, que je ressens avant tout;
Mais d'abord,situer l'histoire. Trois lieues, tous hautsnormands : le corail qui, tous les matins sauf en cas de grève, transporte des rouennais travaillant au Havre. Un wagon aménagé dans la gare de triage du Havre . Et surtout, le pont de chemin de fer de Sotteville les Rouen. IL enjambe une, deux, trois, quatre, cinq voies. IL se creuse et se bombe, tout en tournant, comme un manège à la Foire Saint Romain. IL est éclairé de dizaines de feux : lampadaires, feux de route ou de croisement, feux qui éclaire le domaine ferroviaire, huit bon mètres plus bas. Il faut s'arrêter à son milieu (un autre pont le croise). IL est tout juste assez large pour laisser passer une voiture et un camion de front. Il est très long aussi... Et je crois bien que c'est lui, le vrai héros de mon histoire. Parce que j'ai tant aimé le parcourir, derrière le large dos d'un jeune homme, assise sur le siège arrière d'une mobylette bleue, prolétaire et néanmoins délicieuse...
Clopine, à suivre
Commentaires
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Excusez-moi d'abord pour ce message intrus.
Je suis étudiant aux beaux-arts de Strasbourg, qui récolte de petites anecdotes pour mon nouveau projet autour du "secret".
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