Clopineries

J'en suis encore à m'demander après tant et tant d'années à quoi ça sert de vivre et tout à quoi ça sert en bref d'êt'né F. Béranger

15 septembre 2007

M & m's (mort de jacques martin)

j'étais jeune et secrétaire à mi-temps de l'association des commerçants de la ville de B, qui organisait, tous les printemps, sa foire commerciale. Qui a eu la brillante idée, cette année-là, d'inviter l'émission "l'école des fans" avec présence de Jacques Martin ? En tout cas, pas moi...

Ce fut la folie. Deux mois avant, les familles se battaient presque pour faire inscrire leurs précieux rejetons, contre monnaie sonnante et trébuchante s'entend. La pire épreuve était celle dite de "la partition", qu'il leur fallait trouver et acheter (? pourquoi au fait ? Y'avait-il des accords financiers là-dessous ?)M'enfin, quinze jours avant le grand jour, deux cent morpions étaient fin prêts. Ce ne fut évidemment pas Martin lui-même qui "sélectionna", mais deux sous-fifres. Huit seulement s'en sortirent, ça pleurait sec dans mon minuscule bureau, et je n'en étais qu'au début...

Le dimanche arriva, et avec lui, la foule, venue uniquement pour l'école des fans mais, tant qu'à faire, bonne fille, elle en profitait pour admirer les tracteurs et les cuisines en préfabriqué exposées sur les stands. Conformément au contrat, la caravane de Monsieur Martin était avancée, avec champagne dans le mini-bar, bouquet de roses rouges, téléphone pas encore portable, et tout un tintouin que votre humble servante avait eu l'honneur d'organiser...

Par contre, je n'avais pas prévu de caisse assez grande pour contenir les billets de cinq francs, droit d'entrée pour l'école des fans. Il y en avait partout, en liasses éparses, dans mon sac, dans une caisse...

Et puis Monsieur Martin est arrivé. IL a fait le show avec les 8 petits enfants sélectionnés. Et puis il est reparti dans sa grosse bagnole. Le tout en vingt cinq minutes chrono...

Il n'avait pas mis les pieds dans la caravane décrite ci-dessus. Et plus grave encore : il n'y avait pas eu la moindre petite caméra pour filmer l'évènement...

Eh oui. IL était venu animer une foire commerciale, hein. Pas de sa faute si les bouseux croyaient naïvement que l'"école des fans", ça voulait dire passer à la télé... Là, ça voulait dire simplement avoir l'insigne honneur de voir Monsieur Martin monter sur l'estrade se pencher sur le pitchoune, supporter l'écoute d'une chansonnette massacrée, et repartir après, les bras encombrés d'un bouquet de roses rouges apparu miraculeusement sur la scène..

Bon la foule n'a pas trop bronché, à part évidemment ceux qui sont venus se plaindre... auprès de qui d'ailleurs, les récirminations et les plaintes, d'après vous, hmmmh ?

J'ai fini la journée enfermée dans la caravane, à compter et recompter les billets, les mettre proprement en liasses et à vérifier le (gros) chèque à remettre à l'agent de Monsieur Martin (le contrat prévoyait un partage de la recette autant dire que l'agent de la boîte de production ne m'a pas quittée des yeux pendant tout le comptage, et qu'il a récupéré pour son usage personnel le champ non utilisé)

A onze heures du soir, c'était enfin fini et j'étais épuisée littéralement...

Alors, après, la tête de monsieur Martin à la télé, hein...

Clopine

Posté par ClopineT à 10:50 - Petites histoires d'une lectrice de Télérama - Commentaires [0] - Permalien [#]

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