06 juin 2007
âneries
La fêtes des ânes d'AUX MARAIS (je préfère évidemment son nom antérieur : Saint Martin le Noeud, qu'on pouvait légitimement classer aux côtés de Montcuq et de Monsalvy) est en passe de devenir la plus importante de France, surclassant de beaucoup la foire de Lignères-en-Berry, son aïeule.
Lignères a eu le mérite de participer au "revival" de l'âne, et c'est sans doute grâce à son succès que six ou sept races d'ânes se sont vues homologuéees. Mais ce n'était pourtant qu'une foire commerciale, achat et vente, et elle a beaucoup perdu de sa pertinence ces dernières années. Disons que les amateurs d'ânes y étaient bien attendus par des Berrichons, au coin de leurs bois n'est-ce pas.
Aux Marais, c'est autre chose. D'abord, l'âne est prétexte à une fête villageoise telle qu'on peut en trouver dans tout le nord de la France. Fête foraine : les organisateurs ont eu la bonne idée de localiser les manèges et leurs musiques clinquantes à l'écart de la foire aux ânes proprement dite, ce qui permet aux enfants des familles du coin, qui n'accordent aux ânes qu'un intérêt voisin de cinq minutes, de se retrouver une barbe à papa à la main et tournant sur un scooter, sans gêner ni les animaux ni les amateurs. De plus, au-delà du "marché', il s'agit d'une fête avec attractions diverses : costumes "traditionnels", groupes "folkloriques" -ce n'est pas ma tasse de thé mais il y avait aux Marais un groupe du Berry avec une vielle, ce qui change de l'accordéon et du petit quinquin - , buvettes et anciens jeux collectifs, en bois. Du coup, le public, très populaire, y trouve son compte.
Les ânes aussi, au coeur de la journée, bien sûr, mais pour une fois estimés et reconnus plutôt que méprisés et moqués. Symboles d'une vie paysanne disparue, dociles et patients, ils sont, Aux Marais, très bien traités. A l'ombre d'une double rangée de tilleuls sur un mail carré, sans boucan excessif autour d'eux ni brutalité, ils subissent avec patience les caresses des petits et les exclamations des grands.
le populo qui se presse là ne sait sans doute pas vraiment faire la différence entre un baudet du Poitou, un normand à croix de saint -andré, une mule (produit d'un âne et d'une jument) ou un bardeau (l'inverse, beaucoup plus rare). il ne discerne sans doute pas non plus le bel attelage ancien de la plus récente carriole à quatre roues, le bât savoyard du bât commun. Mais il fait son miel de la journée, surtout sous un ciel comme celui de dimanche dernier. et il est nombreux ! Plus de quinze mille personnes qui déambulent dans le village entièrement piétonnier. Et les participants, côté ânes, viennent de partout. Du Berry bien sûr mais de Savoie, de Belgique ou de Bretagne..
Les cafés du coin ne rendaient d'ailleurs plus la monnaie dès 16 heures, et les stands de tee-shirts ou gadgets étaient proprement dévalisés. J'espère de tout coeur que ce succès ne va pas dénaturer l'entreprise. C'est un équilibre délicat, et l'authenticité de l'âne ne fait pas bon ménage avec le commerce passe-partout des kermesses du nord.
En tout cas, nous, nous avons vraiment bien aimé la journée. Nous étions accompagnés d'amis alsaciens rencontrés l'année dernière, et nous avons retrouvé sur place un copain anglais. Entre l'accent picard, brayon, anglais et alsacien, il y avait quoi braire d'allégresse !
Voici donc Dagobert avec Patrick d'Alsace, et Peter au bonnet d'âne :


Commentaires
Ethymologie
Tu braies d'allégresse, Clopine, et tu en es encore à te demander d'où vient ce doux nom de pays de Bray !
Ceci dit, longue vie à Dagobert.
J'ai dû l'entrevoir en passant sur l'autoroute au niveau de Neufchâtel-en-Bray (d'après un plan que tu as laissé sur un de tes anciens messages), mais je roulais à 220 km/h, alors ! (Faut pas me cafter, hein, promis ?)
Fôte
Mille excuses, Clopine, j'ai écrit "tu braies d'allégresse". Il faut lire évidemment "tu brais d'allégresse". J'ai une excuse : je n'ai pas encore d'âne dans ma cour mais à cause de ta pub, je vais peut-être m'y mettre, moi aussi !
Bravo!
Voilà, il n'y avait pas que les Savoyards, les Belges et les Bretons... Cette année-ci première visite des Luxembourgeois et des Néerlandais. La Fête est à voir !!! Nous y retournerons ...

