Clopineries

J'en suis encore à m'demander après tant et tant d'années à quoi ça sert de vivre et tout à quoi ça sert en bref d'êt'né F. Béranger

07 mars 2006

Août : une main sur mon épaule

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Le mois d’août sent la tomate, le céleri et la coriandre, et l’on trouve dans le jardin , à ses quatre coins, les têtes bleues balancées des cardons ! Quant à moi, me voici à quatre pattes, comme d’habitude, mais ce n’est ni pour désherber, ni pour ramasser ou cueillir... Non, je fixe consciencieusement une chenille inconnue. Oh, bien sûr, je connais par coeur la piéride du chou ou la commune vanesse, mais celle-ci, imberbe, en superbe velours vert sombre carrelé de jaune éclatant, atterrie dans mon jardin après un vol aérien d’une provenance encore inconnue et toujours enroulée de son manteau de voyage, une feuille d’aulne, qui est-elle ? Consultons un ouvrage... La grande salle est fraîche et sombre, après la clarté du jardin. Il me faut pousser le banc, monter sur la table, atteindre l’étagère du haut, écarter les dictionnaires à bout de bras.... Et, au lieu du livre des papillons, voici que me tombent sur la tête les deux volumes des souvenirs entomologiques de Jean-Henri Fabre... Déjà, leur première lecture, il y a quelques années, m’était « tombée sur la tête », et régulièrement, surtout en été, je ne peux résister à parcourir quelques pages sur les hyménoptères ou les bousiers, à me repaître des expériences des arachnidés... Sans compter les récits autobiographiques de Jean-Henri, (début du tome VI) sur la vie de l’Harmas ou son enfance, sans compter la langue incomparable du savant ! Certes, il était logique que le film Microcosmos lui soit dédié, mais, au-delà de la science, au-delà de la leçon d’humanité contenue dans cet intérêt pour l’infime insecte, l’humble bestiole que j’aurais auparavant écrasée du talon sans même y penser (ce que vous ne pouvez plus faire, une fois le livre refermé !), c’est la figure même de Jean-Henri que j’évoque, quand j’ai la chance de rencontrer, comme aujourd’hui, la si jolie chenille de la Noctuelle de l’Aulne. J’entends sa voix dans le tremblement argenté des peupliers et j’ai parfois l’impression que le grand savant se penche avec moi vers la terre, une main sur mon épaule, pour m’instruire et m’apprendre à regarder....

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Posté par ClopineT à 20:56 - Chroniques potagères et brayonnes - Commentaires [1] - Permalien [#]

Commentaires

Et sur les framboises, rien?

Posté par Daniel D, 06 décembre 2007 à 20:20

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